Retour sur un désastre politique : les municipales à Roubaix (I)

Jeudi 10 avril 2014

Parler de désastre serait-il exagéré ? Non car d’une crise profonde de la société roubaisienne inscrite elle-même dans une crise nationale économique et identitaire, il ne pouvait arriver qu’une crise de la représentation politique municipale sans précédent. Témoin direct depuis 20 ans de la vie municipale tant d’un point de vue politique que professionnel, je propose quelques réflexions sur une plus longue durée des causes de la situation actuelle.

La disparition d’un « socialisme » municipal roubaisien.

Depuis la libération Roubaix a toujours été dirigée plus ou moins par des coalitions socialo centristes où dominait la SFIO, en rupture nette avec les communistes, y compris en 1959 avec les gaullistes ! Dans cette ville ouvrière, fortement influencée par le patronat textile et le catholicisme paternaliste et social, les réalisations sociales furent nombreuses et marquent une forte identité locale.

La crise du textile, la présence importante d’une immigration de première génération tant européenne que magrébine, dont beaucoup de harkis, ont pour reflet une double rupture de cette tradition municipale : 1977, Roubaix est dirigé par une coalition d’union de la gauche, excluant toute alliance centriste et le maire Pierre Prouvost entame de grands projets qui n’aboutiront qu’en partie ; 1983, le pouvoir municipal tombe dans les mains, dès le premier tour, de la droite unie majoritairement modérée d’André Diligent ancien adjoint d’un maire socialiste mettant fin à la parenthèse d’une gauche forte.

Idéologiquement chrétien démocrate, personnalité politique il jette les bases d’une gestion sociale visant d’une part à défendre au sein de la communauté urbaine les intérêts du versant Nord-Est, dans une certaine continuité avec Pierre Prouvost en privilégiant le compromis musclé avec Pierre Mauroy, et d’autre part un achat de la paix sociale dans les quartiers par la promotion de jeunes roubaisiens et d’associations issus notamment de l’immigration.

Le courant socialiste va se diviser puisque qu’une partie des militants ou sympathisants, issue souvent du rocardisme commence à rejoindre et à participer à la municipalité UDF comme Robert Caillaux ou Pierre Dubois.

C’est en 1995 que le « socialisme » roubaisien tente de reprendre la direction de la ville dans une liste conduite par Bernard Carton clairement d’Union de la Gauche (PS, Verts avec Marie Blandin, PCF, MRC) et avec un programme plus nettement républicain et laïque. La victoire de 300 voix de la liste de droite de Vandierendonck, successeur UDF adoubé par Diligent, marque, à mon avis, un tournant décisif pour le PS roubaisien.

Se met alors peu à peu en place une vision gestionnaire, d’alignement systématique sur la communauté urbaine, un humanisme de bonne conscience, une vision communautariste qui va assigner à la ville de Roubaix le rôle d’accueil et d’assistanat des couches de population défavorisée, de l’immigration et du regroupement familial, avec pour corollaire une manne financière revendiquée par le maire plus à l’aise à manier la sébille qu’à analyser politiquement les causes du déclin économique, social et culturel et les tensions urbaines qui en découlent.

C’est à partir de 2001 que la crise roubaisienne latente s’aggrave. R. Vandierendonck rejoint par opportunisme le parti socialiste affaibli, minoritaire et sans projet et lui impose ainsi qu’à ses alliés une dérive gestionnaire et complaisante, paradoxalement autoritaire, qui masque peu à peu la réalité sociale du vécu des roubaisiens et l’identité historique d’une ville populaire et ouvrière.

Puis après 2008, une partie de la gauche rejetée dans l’opposition, le socialisme roubaisien a pratiquement disparu et se maintient sous une forme clientéliste, ambigüe sur les questions laïques, favorisant les lobbies et pratiquant la discrimination positive qui conduit aux dérives communautaristes dans les quartiers et à une société éclatée.

Cet aveuglement face à la réalité, cet abandon d’un projet autonome de redressement social alors que la crise, bien réelle, du modèle républicain de fraternité, de lutte sociale, d’égalité disparait, aura pour conséquence l’éclatement de la gauche et notamment du Parti socialiste, un refuge massif dans l’abstention politique, une exigence identitaire au travers du vote des couches moyennes traditionnelles vers le Front National y compris au deuxième tour. Les tristes tentatives d’arrangement, sans contenu politique, au deuxième tour ne pouvait que conduire à la victoire par défaut d’une droite très identifiée.

Cette lente déliquescence du socialisme remonte donc à bien loin. Pierre Dubois, ce maire non élu, incapable de comprendre le cadeau empoisonné de son prédécesseur fait payer aux roubaisiens, à la gauche et à son parti une lourde note de frais : le désintérêt, le rejet, l’exaspération, la désespérance  traduit par « on n’est plus chez nous…» aggravé il est vrai par une politique nationale désastreuse soumise à Bruxelles, un peu comme Roubaix soumis à la CUDL et aux dotations.

Peut être est ce l’occasion qu’apparaissent de nouveaux talents politiques pour reconstruire une Gauche républicaine de combat !

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Municipales, DLR, expliquons-nous !

Mardi 14 janvier 2014

Où se situe Christian Maes réellement ? (1) Question politique fort pertinente en ces temps où « faire de la politique » est peu considéré et où le débat d’idées qui précède l’action est peu en cour. Aux municipales d’ailleurs, force est de constater que beaucoup de candidats masquent leur « étiquette » ; aveu de faiblesse face à l’idéologie dominante du rejet des organisations politiques et des idéologies.

 Bref. Expliquons-nous !

 Elu et militant depuis 1977, à Tourcoing comme à Roubaix quelques principes ont guidé mes choix : se rattacher clairement sans sectarisme à un courant de pensée politique, seul guide qui permet l’action en tant qu’élu, privilégier un accord politique plutôt que la simple convoitise d’une place éligible, s’engager dans la proximité là où l’on réside et, en ce qui me concerne là où l’on travaille, organiser un travail collectif de conviction.

 Fondamentalement attaché au combat social républicain et national, aux principes de laïcité et de souveraineté, aux forces de progrès issues de l’action historique notamment celle du mouvement ouvrier, au rôle essentiel de l’Ecole libératrice et pour reprendre une formule fameuse  « à l’élitisme culturel pour tous » c’est en ce sens que réside ma cohérence politique.

 DNA et CM Cambrai 190609Depuis 1992 adhérent du MDC devenu MRC en 2002, c’est sous cette appartenance que j’ai eu des responsabilités militantes tant au niveau national que local à Roubaix et Tourcoing. Elu chevènementiste et président du groupe Républicain et Citoyen depuis 1995 au conseil municipal de Roubaix, le mandat à ce titre se termine. C’est tout naturellement que désormais habitant de nouveau Tourcoing je recentre sur le plan local mes activités politiques.

 En 2002, à la présidentielle, Chevènement créait le « Pôle Républicain » pour rassembler les « Républicains des deux rives » dans un souci d’indépendance nationale et de souveraineté populaire. C’est sur cette ligne de conduite qu’aujourd’hui je rejoins (2) Nicolas Dupont Aignan qui avec « Debout la République » est, si je puis dire, un « chevènementisme » opérationnel (On le percevra nettement aux futures européennes de mai). Le MRC est en grande partie devenu inaudible dans sa soumission contradictoire au Parti socialiste.

Le combat avec mes amis reste donc le même. Quant à moi, je me suis toujours considéré de par mon expérience, de par mes fonctions professionnelles, militantes ou électives comme un responsable politique du versant Nord Est de notre métropole ;

 A Roubaix, pour les municipales, le respect des électeurs m’a conduit à la tête du Groupe à travailler dans l’opposition jusqu’au vote du budget fin décembre. Nous avons mené en vain des discussions avec le maire sortant. Avec l’UMP aucun accord politique de fond qui aurait permis des alliances n’a pu hélas se faire jour. A titre individuel, certains de mes amis pourront rejoindre cette liste dans l’état d’esprit de rassemblement qui avait prévalu en 2008 dans la constitution d’une liste d’Union Républicaine avec le gaulliste social Max-André Pick.

A Tourcoing, ville où je fus élu, où nous avons proposé des candidats aux législatives, et que je n’ai jamais cessé de défendre, notamment à la Communauté Urbaine où à la commission CP Grand place en 1960-70 avec Maesculture ne siégeait aucun élu tourquennois, je peux être utile dans l’esprit décrit au début de ce texte. L’enjeu essentiel est d’éviter une dérive sociale et urbaine à la roubaisienne dans l’assistanat généralisé et de perdre ainsi toute mixité sociale et indépendance. Enfin, les questions laïques et culturelles me semblent être des enjeux de fond. Il faut sans doute aussi des élus qui sauront au dessus de la simple gestion quotidienne dans une pédagogie concrète promouvoir l’amour de la patrie et l’exigence sociale de l’égalité républicaine. Hélas la gestion socialiste des ces dernières années n’apparait pas à la hauteur des besoins nécessaires au développement et à l’équilibre social de notre ville.

  Avec mes amis, avec des propositions, je suis aujourd’hui et dans les mois qui viennent disponible pour cette bataille nationale et républicaine.

 

  1. Nord Eclair Tourcoing du 11 janvier 2014  - 2.  Je fus candidat sur la liste DLR aux européennes de 2009
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Lettre à mes amis républicains et citoyens….

Jeudi 9 janvier 2014

Devant nous s’annoncent les municipales et surtout les européennes.

 A Roubaix les contacts que nous avons eus avec Pierre Dubois et avec G. Delbar (UMP) n’ont pas abouti pour des raisons politiques différentes. L’un persévère dans une politique de soumission libérale de la ville de Roubaix dans un déclin inévitable, notre groupe l’a combattu jusqu’au dernier conseil municipal ;  l’autre a refusé tout accord sur des objectifs républicains, nationaux, dans une démarche qui n’a plus rien à voir avec l’accord de 2008 avec M. A. Pick. Nous avons rencontré également le Parti Communiste. J’ai également été appelé par le Rassemblement Bleu Marine.

 En ce qui me concerne, je ne me présenterai pas à Roubaix. Les attaques répétées dans la presse sur mon positionnement m’amènent à clarifier la situation. Considérant en cohérence que le chevènementisme opérationnel n’est plus au MRC, j’ai décidé de rejoindre Dupont Aignan, le républicain de l’autre rive  avec qui nous partageons les valeurs essentielles du combat républicain, laïque et national et d’adhérer à DLR et de me rendre utile, plus particulièrement à Tourcoing. Je vous invite à faire de même car le combat républicain a besoin de bras sur la métropole.

 Je pense qu’il ne faut à Roubaix soutenir aucune liste et  renvoyer dos à dos  PS/Modem et UMP. Votre avis sur cette question ? Ma position n’engage aujourd’hui que moi même et chacun peut proposer un autre positionnement ou participer à une liste qui lui convient. Je relancerai également l’Alliance des Républicains (APAR) pour en faire un club politique d’information, pour promouvoir sans exclusive le rassemblement des patriotes des deux rives.

 Je développerai tous ces arguments dans les jours qui viennent dans mon blog et dans la presse. Le combat Républicain et Citoyen continue. Elu ou simple citoyen militant, je vous invite à le partager et à le faire partager !

 Avec toute mon amitié, mes sentiments républicains dévoués.

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Bilan du maire, ma réponse dans Nord Eclair

Samedi 30 novembre 2013

Christian Maes (MRC) : «Roubaix n’a pas évolué dans le bon sens»

«  Roubaix n’a pas évolué dans le bon sens. C’est un mandat qui n’a pas vu Roubaix à la hauteur des exigences de renouveau politique  », assure le chevènementiste Christian Maes. Il se souvient de René Vandierendonck, affirmant qu’il serait «  le dernier maire de Roubaix  ». Pour lui, on y est, au regard de l’alignement sur la position de LMCU. «  Je dis cela avec consternation. Roubaix est la variable d’ajustement social de la politique socialiste de la communauté urbaine  ». Résultat, «  il y a eu une hausse de la pauvreté et des inégalités communautaires dans les quartiers  ». Christian Maes considère qu’il y a eu des manquements en termes «  de laïcité, de vivre ensemble : Roubaix est une ville de plus en plus socialement divisée dans les approches religieuses. C’est un problème qui lui colle à la peau  ». Mais faute d’avoir une politique plus autonome, d’un point de vue financier notamment, «  c’est de l’assistanat généralisé dans une ville qui est championne pour demander des aides  ». Christian Maes n’est pas uniquement dans le négatif. Par exemple, il loue les investissements qui ont été consentis dans les écoles de la ville. Mais dans le même temps, «  on a estompé les questions de sécurité, d’immigration  ».

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Rythmes scolaires, dispositif à revoir

Mardi 19 novembre 2013

Texte rédigé au nom du groupe républicain et citoyen pour Roubaix magazine

Les premiers constats sur la réforme coûteuse des rythmes scolaires, mise en place précipitamment, doivent conduire à une nouvelle réflexion et sans doute à une remise à plat du dispositif. D’une bonne idée de départ (offrir une matinée de plus d’heures d’enseignement) le ministre en laissant à chaque maire (par un transfert de charges et de compétence) le soin d’organiser à son aune le fonctionnement scolaire, a brisé la nécessaire égalité républicaine de l’instruction publique nationale (de plus la plupart des écoles privées sous contrat ne l’appliqueront pas !). Une réforme de cette importance devrait s’imposer, selon les mêmes modalités de fond, à tous les citoyens, après avoir pris le temps nécessaire d’un débat argumenté.

Dans notre ville il faut discuter à nouveau sereinement des horaires pour revenir aux repères traditionnels d’ouverture des écoles, mieux adaptés aussi au travail du personnel enseignant et des employés municipaux, particulièrement en maternelle. Ainsi tous les élèves doivent être encadrés prioritairement jusqu’à 16h30 par du personnel hautement qualifié ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Cela ne nécessite pourtant que trois heures par semaine d’intervention municipale post scolaire.

Quant aux activités dites périscolaires quelque soient la qualité ou la bonne volonté des intervenants, elles conduisent souvent à alourdir la journée des enfants et ont l’effet inverse du but recherché.

Il faut donc remettre complètement en chantier les modalités de cette réforme, revoir le montant des dépenses et avoir pour objectif principal que le temps d’apprentissage et d’accès à la connaissance soit la priorité absolue pour la réussite scolaire de tous.

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Mise au point ….

Jeudi 17 octobre 2013

Nord-Eclair dans ses éditions de Roubaix et de Tourcoing du 17 octobre a publié dans la rubrique “Clic-Clac” un article me concernant qui comporte des affirmations totalement inexactes. Voici ma mise au point politique… 

Miltant fondateur du MDC en 1993, je n’ai jamais été exclu du MRC, aucune procédure n’a jamais été entamée à mon égard pour quoi que se soit. Le président actuel, Jean-Luc Laurent peut en témoigner ainsi que d’autres membres locaux du MRC comme ma colistière roubaisienne MRC, Mme Boulékras.

Il est totalement inexact et mensonger de dire que cette soi-disant exclusion serait la conséquence de mon alliance républicaine avec Max-André Pick, personnalité gaulliste (et non pas avec l’UMP) en 2008 aux municipales. Au contraire, cet accord fut avalisé par la Fédération MRC. J’ai d’ailleurs continué à siéger au secrétariat fédéral et au conseil national du MRC. Pour l’histoire faut-il aussi rappeler que, à la dernière minute, René Vandierendonck a rompu unilatéralement, sans discussion, les accords nationaux, départementaux et surtout locaux (y compris personnels) entre le PS et le MRC, excluant les candidats MRC sortants et nouveaux que nous avions proposés. Des personnalités comme Pierre Dubois et André Renard peuvent en témoigner.

Il est vrai qu’en 2009 en l’absence totale de liste et de candidats MRC aux européennes, j’ai soutenu la liste DLR de Dupont-Aignan, le “Républicain de l’autre rive”. De là est né un conflit entre M. Nicolet et le comité de Roubaix-Tourcoing du MRC. Cela n’a eu aucune conséquence dans mes relations politiques avec la direction nationale, J. P. Chevènement et Jean-Luc Laurent.

Elus sous l’étiquette MRC,  nous n’avons jamais dérogé aux principes et aux idées républicaines de Jean-Pierre Chevènement et du MRC que nous relayons et défendons dans nos villes.

Je regrette donc les propos mensongers de M. Nicolet qui en dehors de toutes règles se targue de m’avoir personnellement exclu ! Propos sans doute tenus pour des raisons politiciennes regrettables ! Je rappelle qu’à Tourcoing tant Jean-Pierre Balduyck que Michel-François Delannoy n’ont accepté la présence de candidat MDC puis MRC sur leurs listes !

Je revendique donc avec mes amis “l’étiquette” de chevènementiste, appellation qui renvoie à un contenu idéologique dont la référence militante ne s’arrête pas au MRC.

Dans ce cadre je revendique mon indépendance d’action avec mes amis de l’Alliance des Républicains à Roubaix et à Tourcoing.

Engagé dans le militantisme politique depuis 50 ans, élu depuis 1977, homme de  Gauche, Républicain, patriote, j’ai toujours agi avec de fortes convictions au service de mes concitoyens.

“Au dessus de la gauche et de la droite , il y a la République” Jean-Pierre Chevènement

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Journal politique d’août (du 9 au 19)

Mardi 20 août 2013

Vendredi 9 août ; Doudeauville — je croise le maire (divers droite) qui sort de l’école. Il vient clore la petite fête de fin du camp de vacances dont il est très fier d’autant plus que le village vient d’atteindre 500 habitants ! Le conseil municipal va passer de 11 à 15 élus ! Va-t-il se représenter ? Va –t-il y avoir une deuxième liste concurrente ? On en parle mais toujours de manière détournée avec un certain goût du secret

Je ne peux m’empêcher de l’interroger sur l’application des rythmes scolaires dans la commune. « On verra l’année prochaine, me dit-il, d’ici là on aura peut être changé de ministre ! Et puis cela va coûter à la commune ! D’ailleurs une seule à la communauté de commune a opté pour 2013 ! Et le ramassage scolaire du regroupement pédagogique !… ». Tout est dit.

 

Vendredi 16 août, Doudeauville — J’essaie en vain d’envoyer par courriel le texte de mon groupe pour le journal municipal (Roubaix mag), sans doute que le site de la mairie est en vacances ! A moins que la connexion, trop souvent aléatoire, depuis ma campagne ne fonctionne pas… Difficile de trouver le sujet qui sera d’actualité puisque le journal ne paraîtra qu’à la mi-septembre. Il y a un côté un peu formel à cette page réservée aux sensibilités politiques du conseil municipal.

Je parlerai donc de la rentrée scolaire et de la réforme des rythmes que nous a imposée le maire ainsi que des insuffisances de la politique locale à la veille des élections municipales, en voici le contenu, « entre résignation et espoir » :

« Malgré les réticences et les propositions d’élus d’opposition, de nombreux parents et d’enseignants, le maire a décidé de modifier profondément à cette rentrée les rythmes scolaires. Une modification des horaires et de l’organisation avec des embauches intempestives et pour un coût exorbitant de 5.5 millions d’€ ne conduira pas à de meilleurs résultats en matière de réussite scolaire. La négociation avec le ministère pour l’ouverture de classes de petits en école maternelle — contrepartie logique à l’engagement de la ville dans le dispositif dès 2013 — n’a pas été menée et c’est plusieurs centaines d’enfants qui ne trouveront pas de place. A cela s’ajoute une confusion totale entre le péri éducatif (clubs, garderies et autres amusements..) et la seule réalité qui vaille, celle de l’instruction et des apprentissages. Il faudra sans doute revenir en 2014 sur cette onéreuse et inefficace « usine à gaz » pompeusement appelé « projet éducatif global ».

Une véritable réflexion fondée sur une étude et une évaluation précise de la réalité scolaire aurait dû être débattues par tous. C’était un préalable, je l’avais demandé.

Hélas, dans ce domaine comme dans tant d’autres, laïcité, sécurité, emploi, Roms, immigration, montée des tensions et des revendications identitaires le maire prisonnier d’une idéologie du compromis social, de l’adaptation européiste et libre échangiste dominée par l’assistanat généralisé, —fonction dévolue par les socialistes de la CUDL à la ville de Roubaix — n’a pas apporté les réponses politiques indispensables. Les municipales approchent ; espérons qu’une nouvelle offre politique exigeante de redressement se fasse jour. »

 

Samedi 17 août, Doudeauville — Un message de Richard O. m’apprend que le peintre roubaisien Heretenski est brutalement décédé. Personnage attachant comme artiste engagé et très présent dans la vie publique roubaisienne. Deux faits me remontent à l’esprit.

La première fois que je l’ai rencontré c’est à l’occasion de la première conférence de presse du MDC (Mouvement des Citoyens) que nous avions tenu dans une salle de la Fédération des amicales laïques avec mon collègue Miroslaw Hatt qui l’avait invité à se joindre à nous. C’était en 1993. Chevènement venait de créer son Mouvement et nous organisions notre comité local qui s’appuyait sur quelques militants issus de l’aile gauche et républicaine du parti socialiste. Nous étions très sérieux et pleins d’espoir et il avait ajouté quelques notes d’humour à cette réunion.

Le deuxième souvenir est celui d’un tableau que je trouvai dans le bureau qui m’avait été attribué après l’élection municipale de 2001. Une peinture qui parait-il, remontait à ce qu’il appelait la période sombre et qui représentait une manifestation ouvrière sur un fond d’usines noircies. Il était relativement de grand format et ne respirait pas une folle gaieté. Je l’ai gardé les sept ans du mandat pour ce qu’il représentait d’attachement au mouvement ouvrier plus que, me semble-t-il, pour sa valeur artistique.

 

Lundi 19 août —  Tiens, le rédacteur de Nord Eclair me qualifie d’ex chevènementiste ! Sans doute est-ce en raison de mes multiples prises de position en soutien au responsable républicain de « l’autre rive » : Nicolas Dupont Aignan, Si, dans les faits j’ai, sans rupture, pris quelques distances avec les positions actuelles du MRC, j’ai comme référence ce que l’on peut qualifier de chevènementisme, c’est-à-dire des convictions profondes fondées sur la souveraineté nationale et populaire, sur la laïcité, sur le progrès social, la laïcité et l’émancipation par la raison et l’instruction. Ce corpus d’idées est le fondement militant de mon groupe dans notre action politique. Je suis donc un républicain de gauche qui porte l’espoir du rassemblement et de l’alliance des patriotes républicains des deux rives. C’est pour cette raison que j’ai créé localement l’association pour une « alliance des républicains ».

En politique quelque soit le niveau, il ne peut y avoir de militantisme sans référence idéologique, sans principes qui forgent l’action quotidienne…

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Journal politique d’août (du 1er au 8)

Vendredi 9 août 2013

Jeudi 1er août — Le moins que l’on puisse dire est que le décès de Pierre Prouvost, maire de Roubaix de 1977 à 1983 n’a guère suscité de commentaires et peu furent les propos bienveillants sauf ceux obligés du jour des funérailles à l’assistance clairsemée. Quelques mots d’hommage de ma part sur un réseau social ont suscité des réactions contestant le bilan de cette période. Pourtant cette période fut extraordinaire dans le sens où la municipalité, contrairement au passé et à l’avenir fut réellement d’union de la gauche sans ambigüité. Pas d’alliance avec la droite démocrate chrétienne qui sévissait depuis plus de 20 ans. Cette rupture due à la vague de 1977 qui porta cette gauche du programme commun aux commandes de nombreuses villes fut hélas une parenthèse. Cela n’empêche nullement de regarder objectivement et positivement cette volonté de réformes sociales et culturelles qui anima ces villes de gauche durant cette période.

C’est à cette époque, adjoint au maire de Tourcoing, que j’ai connu plus particulièrement Pierre P. Nous avions gagné les élections de 1977 sur la droite gaulliste qui régnait depuis 18 ans. Ce qui m’avait frappé lors de quelques rencontres ce sont ses certitudes, une forme d’autorité quelquefois désagréable et sa vision d’une métropole bipolaire qui le conduisait sans doute à négliger l’apport de ses voisins. Il est certain cependant que si nous avions été réélus et avions pu poursuivre cette politique d’union, la métropole n’aurait sans doute pas le visage actuel.

 

Jeudi 2 août — Décidément pour certains ce qui restent de la municipalité de Pierre P. c’est Diligent et sa victoire au premier tour en 1983. Nous ne pensions pas que c’était le début d’une politique qui, dominée par l’idéologie sociale chrétienne allait conduire Roubaix au déclin social, à la pauvreté, au communautarisme. Les effets de manche d’André Diligent face à Pierre Mauroy ont malheureusement masqué ce laissez faire.

La seule occasion malheureusement manquée d’un espoir de renouveau progressiste fut les municipales de1995 lorsque Bernard Carton conduisit la liste d’union PS-PCF-MDC-Verts-PRG à laquelle je participais, liste qui fut battue de 300 voix !

 

Vendredi 3 août — Le Président Hollande poursuit sa déambulation. Il veut montrer qu’il sait « faire président », chemise, cravate cela doit en imposer aux foules et redonner confiance dans la reprise économique parait-il imminente. Les gens à défaut de se gaver de promesses s’emplissent de soleil à longueur de journaux télévisés ; Vivent le pantacourt  et le marcel. Pourquoi cette période me  semble être le reflet d’un insondable déclin de la volonté nationale et du triomphe de l’individualisme égoïste ?

 

Samedi 4 août — Douce France (chanson connue) ; un journal publie le classement des personnalités les plus appréciées des français. Qui est le premier ? Un politique ? — vous vous moquez ! Un scientifique ? — bien sûr que non ! Un grand écrivain ? — Il n’y en a plus ! Bernard-Henri Levy ? — c’est qui ? Mais c’est un chanteur, enfin, mais parait-il qu’il ne chante plus. « Au moins ce n’est pas un étranger ? » me dit Madame Schloki. Mais non c’est Jean-Jacques Goldman… — vous avez dit qui ? Goldman !

 

Lundi 7 août — La caravane de Debout la République sera dans le Nord demain. Les jeunes militants m’ont invité à les rencontrer. Ils préparent les élections européennes de 2014 avec conviction et espoir que les patriotes feront un bon score. Sans doute se souviennent-ils que je participais à la liste « Grand Nord Ouest » en 2009. Nicolas Dupont Aignan nous fit d’ailleurs l’amitié de venir à Roubaix et de rencontrer la population sur le marché du Nouveau Roubaix. Bien que Chevènement et le MRC avaient renoncé contre toute logique à s’impliquer dans ces élections préférant, notamment dans le Nord, attendre en complète contradiction politique sur l’Europe, que le PS leur offre une place, ma participation à DLR fut très mal perçue par certains citoyens du MRC nordiste, le programme de DLR étant pourtant en complète cohérence avec les positions chevènementistes.

Aujourd’hui je pense que ma place est dans un soutien affirmé à l’action de rassemblement patriotique, républicain pour le redressement de la France qu’incarne Dupont Aignan.

 

Mardi 6 août — Beaucoup pensait que la loi de mars 2004 sur l’interdiction du port ostensible de signes religieux à l’école s’appliquait également sur les bancs de nos universités. Le rapport du Haut Conseil à l’intégration vient nous rappeler opportunément qu’il n’en est rien et que les incidents ont été nombreux dépassant le seul port du voile dans nos amphis et autres laboratoires ! Il est donc demandé l’extension de la loi au supérieur devant les revendications identitaires et communautaristes.

On voit déjà les objections : pas de stigmatisation, l’université est un lieu de tolérance et de débat… Il n’y pourtant pas à tergiverser car si il y a bien un lieu où le principe républicain de laïcité doit être appliqué c’est bien là où sont formés nos hypothétiques élites républicaines. Imagine-t-on qu’une faculté de médecine autorise le port du voile en son sein comment alors exiger ensuite que je ne serai pas accueilli dans un hôpital par un médecin, une infirmière, un personnel soignant qui m’imposera son style.

Une loi est nécessaire, c’est urgent mais quand on pense aux atermoiements de Lionel Jospin à l’époque, le gouvernement socialiste actuel aura-t-il ce courage ?

 

Mercredi 7 août — Le journal Nord Eclair nous donne à lire l’étonnant article d’une journaliste du New York Times sur l’intégration réussie des musulmans à Roubaix contrairement à ce qui se passe dans d’autres villes françaises. Laissons la responsabilité à l’inculture de cette journaliste américaine quant aux principes républicains laïques qui sont la règle en France. Mais le plus grave en la circonstance c’est que certains musulmans seront confortés dans leur vision communautariste du vivre ensemble. A contrario cela valide mon opposition totale et ancienne à la politique multiculturaliste des maires de Roubaix depuis 20 ans. Elle s’est encore amplifiée ces dernières années. Cette politique qui a pour but de favoriser le plus possible le développement de l’Islam au nom d’un soit disant équilibre de traitement entre les religions à Roubaix est contraire à l’égalité républicaine par la laïcité et l’assimilation. Elle a produit l’inverse du souhait d’intégration par un repli protecteur communautaire. A Roubaix aujourd’hui le vivre ensemble c’est vivre selon certaines pratiques religieuses qui imposent peu ou prou une domination. Au lobby juif (qui n’a jamais existé à Roubaix) dénoncé lors d’un défilé contre la venue du chanteur Enrico Macias, il semble aujourd’hui que l’existence d’un lobby musulman influence la majorité municipale incapable de prendre de la hauteur et de tenir un discours pédagogique d’une vraie laïcité. Cela ne rend pas service aux roubaisiens et à l’image de la ville.

 

Jeudi 8 août — Je reçois les photos du rassemblement de 6000 musulmans dans un parc public de Roubaix pour la prière de la fin du ramadan. Pourquoi ce malaise ? Sans doute en raison du souvenir que j’ai d’un photomontage d’un tract du Front National à l’occasion des élections municipales où ce parti frôlait les 30%, il y a une vingtaine d’année montrant une foule rassemblée pour la prière sur le parvis de l’Hôtel de ville ! On vous l’avait bien dit s’exclameraient-ils aujourd’hui !

Ce qui est gênant ce n’est évidemment pas la liberté intangible de la pratique cultuelle mais l’occupation ostensible de l’espace public dans un quartier, celui de l’Epeule où le commerce traditionnel a disparu, où vient de s’installer un supermarché hallal (le deuxième en France en lieu et place d’un « Match ») et où l’homogénéité ethnique, sociale et économique s’impose de plus en plus. Et on s’étonnera qu’un jeune du quartier hors de ses références puisse affronter ailleurs la réalité citoyenne de notre pays et trouver un emploi, une vie sociale et familiale équilibrée.

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