Cela aurait pu être une belle soirée, nous l’avons un peu gâchée en quittant ce conseil municipal qui avait pour objet de désigner un nouveau maire et quelques adjoints. Tout y était des musiciens du conservatoire qui, jouèrent quelques airs aznavouriens, culture oblige, divers élus des villes voisines dominés par la présence ostensible de Martine Aubry venue saluer tous ces élus qui ne peuvent rien lui refuser tant ils ont soumis la ville de Roubaix aux bons soins de la présidente de la communauté urbaine. Dominique Baert, député sortant non reconduit, pas rancunier pour un sous, avait même fait le déplacement. Bref tout le gratin socialo-centro-roubaisien dans une réconciliation de façade attendait les petits fours. La plaisanterie dura trois heures. Ceux sont des gens méritants, cette clientèle fidèle et intéressée.
Notre groupe municipal après explications, laissant sa doyenne d’âge, Mme Leman présider aux festivités, s’est retrouvé dans le bureau du groupe. Quelques bonnes âmes en nous informant, nous confirmèrent que cette passation de pouvoir se résumait à un petit arrangement entre socialistes et consorts, un bal des faux culs où l’on vit même des prises de parole de soi-disant groupes politiques jamais déclarés. Un socialiste justifiant l’élection de Pierre Dubois (le nouveau maire) alors qu’il en souhaitait un autre, un communiste déclarant sans rire que René Vandierendonck fut par sa politique un rempart contre le Front National, oubliant les 40% de voix des dernières cantonales, un centriste trop heureux d’être encore de la fête avec un groupe surreprésenté et comble d’ironie, les élus verts s’instaurant « minorité positive », comme la laïcité du même nom, chère à Sarkozy, des retrouvailles qui ne manquent pas de sel quand on sait l’estime que portait ces gens là au maire sortant. Il faut bien remercier le PS d’avoir laissé la 8ème circonscription aux écologistes si particuliers que ceux de Roubaix.
Tout en attendant l’arrivée dans notre bureau de notre doyenne, retour qui d’ailleurs n’arriva point, – s’était-elle réconciliée avec ses anciens amis qui l’avaient pourtant si durement exclue ? – nous convînmes que plus que jamais nous serions les porteurs d’une autre politique pour redresser notre ville qui en a grand besoin. Ce combat, compte tenu de ce que nous avons appris du discours programmatique du nouveau maire, doit se faire sans tarder car il ne montre aucun tournant dans une politique qui a confirmé la décadence de notre ville et sa relégation sociale, communautaire et démocratique.
Un peu agacé depuis quelques temps sur l’amalgame relayé par la presse quant à la préparation par des membres de droite de notre groupe des échéances municipales de 2012, j’ai cru bon de rappeler que la seule opposition aujourd’hui est composée d’hommes et de femmes politiquement divers mais qu’en son sein Okbia Boulékras et moi-même représentions la gauche républicaine de conviction avec la ferme intention de peser, de façon autonome, dans l’avenir, face à une majorité dont la diversité clientéliste n’est que le reflet de son impuissance tant idéologique que politique.
La volonté de trouver sur le plan local des solutions, des propositions fondées sur des valeurs d’attachement républicain et d’analyse sur le fond montre que la diversité de pensée peut produire de l’union et de l’espoir. Le groupe gaulliste et chevènementiste peut et doit redonner du sens à la politique et à l’engagement citoyen dans notre ville avant tout engagement pour 2014. C’est la réflexion que nous nous fîmes en quittant la mairie bien avant que tous les faux amis du maire ne le fassent trop heureux de se congratuler avec la perfidie nécessaire à l’ambition de ceux qui sont toujours près du pouvoir et prêts à le lâcher aussi vite en cas de revers.
Rendez vous devant le peuple de Roubaix !




