Des interlocuteurs pour un islam dans la République ?

Jeudi 1 juillet 2010

Que des musulmans s’organisent en collectif pour être des interlocuteurs crédibles vis-à-vis des pouvoirs publics est peut être un pas vers ce que nous avions, au MRC, toujours proposé : l’existence d’un conseil local du culte musulman. Encore faudrait-il qu’il soit vraiment représentatif, donc élu, pour être légitimement reconnu par les élus et autorités publiques. Enfin, nous verrons à l’usage…

Pour les initiateurs de ce collectif, l’objectif ne peut se résumer dans l’établissement de projets communs à soumettre à la ville qui dans la plupart des cas ne pourra pas apporter une aide sans contrevenir à la loi de 1905 et aux principes républicains. Il est donc très souhaitable que ce collectif réaffirme clairement son respect des lois républicaines et de la laïcité. Il est important que sur tous les sujets et controverses qui surgissent régulièrement à Roubaix, les musulmans fassent entendre leur voix dans le respect de nos institutions et de notre façon de vivre et partage notre espace commun, celui de la laïcité, valeur qui transcende toutes les obédiences, croyances ou philosophies, et fassent ainsi taire ceux qui ressentent à tord ou à raison un sentiment d’envahissement et de non respect des traditions, coutumes et civilité à la française.

A ce sujet quelque soit la bonne volonté des membres de Roubaix Espérance, « le dialogue des religions » ce n’est pas la laïcité. Il m’a toujours paru curieux que l’affirmation de dogmes particuliers qui sont l’essence même de la foi et de la religion puissent conduire à une démarche commune.

Que la croyance reste à Roubaix comme ailleurs dans l’intimité des cœurs et des esprits ! Je n’ai pas le sentiment qu’à Roubaix les choses soient si claires face à ce qui est perçu souvent comme un Islam conquérant revendiquant un communautarisme qui se voudrait hégémonique dans la pratique quotidienne. Voilà une vraie question à débattre.

Si la présence du maire à cette réunion n’est pas en soi condamnable bien qu’on puisse légitimement s’interroger sur la nécessité d’aller s’assoir au côté de personnes comme Monsieur Amar Lasfar, recteur de la mosquée de Lille Sud, qui sauf pour Martine Aubry, ne porte pas l’exemple d’un Islam républicain. Le maire n’a pas été, une fois de plus, à la hauteur de ce qu’il est sensé représenter, la loi républicaine et l’intérêt général. Il n’arrive pas à devenir cet instituteur des valeurs communes et rappeler que certains principes ne se négocient pas. C’est tout juste si les responsables de cette réunion ne lui pardonnent pas ces propos lors de l’affaire du «Quick hallal » quand il se reconnait lui-même « maladroit »(sic). Ah, la repentance !

Enfin prenons des exemples révélateurs.  Si ce collectif a pour premier objectif de lancer une grande fête de l’Aïd soutenu par la mairie, la réponse doit être non sans ambiguïté. De même pour le jeune rituel, si des enfants en centre de loisirs ou à l’école pratiquent le ramadan il est tout à fait normal que les familles les reprennent à l’heure des repas car cela relève de la pratique privée. C’est d’ailleurs la règle que j’avais mis en place, sans aucun problème, dans l’établissement secondaire que je dirigeais.

Les règles définies, mettons nous au travail.

A proposde l’Islam en France et de l’apéro du 18 juin

Mercredi 16 juin 2010

Je fais mien le texte de François Morvan (voiur ci-dessous),  Président de “Vive la République” et ami politique républicain de longue date, au sujet de l’apéro “saucisson, pinard” à la goutte d’Or à Paris. Cependant il ne fait pas allusion à l’attitude scandaleuse du Maire d’Arrondissement qui n’est autre que Daniel Vaillant (PS) qui déclare ne pas demander l’interdiction des prières dans la rue Myrtha tous les vendredis ! La complaisance est plus que coupable, elle fait le jeu de tous les extrémismes et de tous les anti républicains. C’est en ce sens que nos amis de “Riposte Laïque” jouent un rôle essentiel pour que démocrates et Républicains ne laissent pas à la seule extrème droite l’image des seuls défenseurs de la laïcité.

Le débat sur la place de l’Islam en France prend de l’ampleur. “Riposte Laïque” propose de fêter l’appel du 18 juin à la Goutte d’Or, en contre-point de l’occupation de la rue par les prières musulmanes du Vendredi. Est-ce bien adapté ?

La logique de la “guerre contre l’Islam” comme corps intrinsèquement étranger est un piège du néolibéralisme” financier.

Celui-ci a sur ce plan deux fers aux feux : Mais lorsque la recette commence à sérieusement s’essouffler, le deuxième fer c’est la guerre des civilisations du monde judéo-chrétien contre l’Islam : une bonne guerre contre un ennemi que l’on crée si besoin, il n’ y a rien de tel pour faire passer toutes les autres pilules, l’histoire l’a amplement montré et c’était la ligne Bush.

C’est pourquoi des mouvements comme le Front National ou comme les “populistes ” hollandais sont des Janus : d’un côté, ils expriment l’écœurement des couches populaires abandonnées par les élites, en particulier en ce qu’elles subissent au premier rang les conséquences sociales de l’immigration clandestine utile au dumping social, mais de l’autre côté elles peuvent demain servir de roue de secours au système en mobilisant l’énergie de protestation contre la conséquence (l’immigration clandestine) pour mieux la détourner de l’essentiel : le système mondialiste financier lui-même. C’est pourquoi le Front National est si peu disert sur la crise économique et le problème de l’Euro. Pour une partie d’entre eux au moins, un régime nationalement musclé s’accommoderait bien avec le maintien d’une économie de dérégulation totale. C’était bien aussi l’ambiguïté de Philippe De Villiers.

Le problème cardinal de l’Islam, c’est celui de la laïcité. Celle-ci y est réduite au mieux à la tolérance, et non à l’acceptation d’un espace public non religieux, tandis que l’État garantit en contre-partie la liberté religieuse. C’est ce qui fait qu’il n’y a pas de solution de continuité entre les “modérés” et les “islamistes”, ce qui ne fait pas nécessairement des modérés des complices des seconds, mais les situe en position de faiblesse. Car dans une religion qui n’intègre pas la laïcité, mais fait peu ou prou de la religion un mode de vie et une norme d’organisation sociale, vous trouverez toujours plus radical que vous. Ce problème idéologique se double de la réalité sociale des pays du monde arabo-musulman, où la corruption des élites oblige en retour pour maintenir la paix sociale à abandonner les “services sociaux” aux fondamentalistes. C’est la corruption du Fatah qui explique que Gaza ait été abandonné aux mains du Hamas, où le Sud-Liban au Hezbollah. Les nazis ont détruit la République de Weimar aussi bien par les soupes populaires que par la violence politique.

Aujourd’hui en France, les citoyens qui se reconnaissent une appartenance religieuse ou plus simplement culturelle avec l’Islam ont-ils vocation à repartir ? Si la réponse est oui, alors il faut changer de régime et mettre le Front National au pouvoir. Si la réponse est non, il faut alors une politique de fermeté laïque intransigeante, mais qui se couple avec la garantie de l’État que l’Islam est une religion qui peut-être pratiquée comme sphère privée au même titre que les autres. Et il ne faut pas ici à mon sens opposer “intégration” et “assimilation”. La première est un pas vers la seconde. L’intégration est politique, c’est l’intégration à la République. Elle se mène par le combat sur la laïcité. L’assimilation est un processus culturel national, qui demande du temps et des étapes. Le vouloir par des mesures à court terme renvoie à la nécessité d’un régime de guerre des civilisations.

Notre ligne est donc de séparer dans l’Islam le bon grain de l’ivraie. Comme sur les autres questions, c’est une ligne de rassemblement au centre et non une ligne de surenchère à droite de la droite. L’apéro du 18 juin laisse sur la réserve, parce que mélanger l’anniversaire de cette date avec le problème de l’Islam en France parait tout de même un raccourci saisissant qui témoigne du fait que le problème de l’Islam en France n’est pas aussi bien maîtrisé qu’il n’y paraît par nos amis de Riposte Laïque-Républicaine.

Ce que cache la vente d’un terrain à une mosquée.

Vendredi 7 mai 2010

La mosquée « Arrhama » et sa filiale l’association dite culturelle « Mawazine » ont le projet d’étendre et de rénover leurs locaux et par la même leur action. Toutes affaires cessantes le Maire leur vend un terrain à proximité dont le but est d’en faire un parking privé. C’est une première.

Bon me direz vous la belle affaire ! Eh oui la belle affaire en effet…

Ce terrain en zonage économique, propriété de la ville, fait l’objet d’un découpage bizarre qui « mutile » inutilement une grande parcelle susceptible d’une implantation économique. Cette vente ne s’intègre pas dans la réflexion sur l’avenir de cette zone qui pourtant est programmée dans le cadre d’une étude. Sans doute le prix serait à l’avenir moins attrayant mais la complaisance n’a pas de limites.

Quant au projet porté par la mosquée, en y regardant de près, son ampleur mérite une attention très particulière car non seulement il s’agit de la reconstruction de la mosquée et de ses annexes « culturelles » mais du développement d’activités dites économiques que l’on nous cache soigneusement (la délibération publique sur la vente n’en dit mot). En fait, en plus de l’existant, c’est d’une école, d’une crèche, d’un studio de radio, de six commerces (épicerie, boucherie,  restaurant, agence de voyages, coiffeur, librairie), de logements de fonction, dont il est question. Il ne manque plus qu’un Quick hallal !

Pourquoi ne fait on pas la transparence complète sur les financements, l’économie du projet, sur l’urbanisme, sur l’édifice religieux ?

De là à dire que nous avons affaire à un projet  communautaire, il n’y a qu’un pas que je franchis en toute connaissance. Cette affaire entre dans le contexte des luttes d’influence que se livrent les différents courants ayant des mosquées à Roubaix (Qui aura la plus grande et rayonnera le plus dans un prosélytisme sans limite ?). En l’occurrence s’organisera ainsi une sorte de réseau autarcique qui s’autofinancera et « s’autoalimentera » culturellement. D’autre part quand on sait que les dirigeants sont proches de l’UOIF de Tarik Ramadan, (l’association  Mawazine avait reçu une subvention illégale pour un déplacement religieux que nous avions dénoncé à l’époque), que s’y trouvent des amis du PS local (on se souvient de la visite de Ségolène Royal en ces lieux), que ce projet dépasse en outre le seul territoire roubaisien car au fond l’action prosélyte qu’elle suppose s’adresse bien au delà de notre ville, on perçoit donc bien bien le problème et ses conséquences discriminantes.

Une fois de plus la complaisance du maire le conduit à opérer une aide directe au culte dans un mélange total des genres. Tout cela est contraire à la loi 1905.

Nous ne sommes pas indifférents à ce que les fidèles de la mosquée puissent pratiquer leur culte en toute liberté mais les élus se doivent d’être neutres face aux initiatives privées et simplement veiller à ce qu’elles s’accomplissent dans le cadre des lois républicaines. Ils se doivent aussi d’être vigilants sur toutes les dérives et manipulations clientélistes.

Enfin il faudra que l’on m’explique comment une mosquée pourra être le maitre d’œuvre d’un projet commercial, économique et éducatif !

A force de masquer ses faiblesses à porter un projet républicain, fraternel et laïque dans cette ville, le maire et sa majorité (PS, Modem, PC) nous conduisent aux pires confusions.

Régionales, deuxième tour, que faire citoyens ?

Mercredi 17 mars 2010

Ainsi la gauche serait unie pour le deuxième tour. L’espoir de voir le Front de Gauche se maintenir sur la base d’une orientation de rupture s’est vite évanoui face à l’attrait de quelques places supplémentaires. Pourtant je pense que de nombreux républicains appréciant notamment la présence du député Marc Dolez, homme de conviction, militant socialiste et républicain, se seraient, certes par défaut, prononcés en leur faveur pour ce deuxième tour face au système Percheron.

Quelle crédibilité peut avoir cet attelage hétéroclite fait de caciques sociaux libéraux, d’écologistes apôtres de la décroissance et de communistes qui d’ailleurs ne veulent pas participer aux affaires. Comment vont-ils se débrouiller face aux contradictions posées quant aux politiques de réindustrialisation ou de défense de l’industrie automobile dans le Nord ? Comment vont-ils s’entendre sur la taxe carbone qui pèsera qu’on le veille ou non sur les plus faibles et sur toutes les couches moyennes ? Que de contradictions également sur le rôle de l’État et sur l’Europe, entre les républicains et les progressistes d’un côté et les adeptes de l’Europe des régions liquidateurs de la nation souveraine !

Non, décidément, nous ne pouvons cautionner ni cet accord de circonstance dont le projet politique commun n’existe pas et qui conduira aux pires désillusions, ni la droite immobile n’osant même plus soutenir les projets de leur Président, ni bien sûr le Front National qui, image populaire en trompe-l’œil, n’apporte qu’une possibilité de défoulement ambigu.

Ils nous désespèrent, mais ne désespérons pas de la République et de l’action citoyenne, des hommes et des femmes ont toujours relevé le défi…

Construisons une offre politique citoyenne et républicaine…

Dimanche, je vote « blanc ».

Les régionales et le microcosme…

Mardi 16 mars 2010

L’abstention est désormais majoritairement un choix politique. On ne va plus à la pêche, on exprime voire on revendique ce choix. Le peuple, les citoyens non seulement ne se sentent pas concernés mais manifestent un rejet de ceux que d’aucun appellent « l’UMPS ». Les régionales deviennent alors un scrutin entre amis. Les partis, en particulier le PS, récompensent et organisent leurs militants à coup d’indemnités, de postes d’assistants ou autres chargés  de mission dans un système alimentaire qui tourne sur lui même. Cette corruption des esprits a bien été perçue par les électeurs, d’où ce rejet.

A Roubaix, on est au paroxysme. Le Maire et ses colistiers roubaisiens (une adjointe est deuxième de liste) subissent un camouflet sans précédent d’autant plus que le PS perd cinq points sur 2004 ! Comment ne pas s’interroger sur le poids d’un Maire qui est incapable de mobiliser ses concitoyens ? L’absence de projet, d’orientations claires, de travail en profondeur en est une des causes. Les roubaisiens n’ont pas ou plus confiance en cette majorité. Pourquoi les enverraient-ils alors à la région ? Il ne reste qu’un vote socialiste traditionnel d’électeurs vieillissants.

Quand à l’UMP, réduit au seul vote refuge des beaux quartiers, il paie également son absence de propositions alternatives. Où est donc le gaullisme populaire ?

Quant au vote Front National, il vient compléter l’abstention. Il faut reconnaître que, masquant ses fondements antirépublicains, il a su apparaître comme porteur d’une véritable critique vis-à-vis de « l’establishment » politique, défenseur de la laïcité, dénonciateur du fonctionnement de la région, porteur d’un discours populaire de revendication et de défense des plus défavorisés. Les tergiversations socialistes sur les grandes questions du vivre ensemble, du peuplement, du communautarisme n’ont fait que renforcer non pas un vote FN de désespoir mais un appel à un discours et une action résolument républicains et égalitaires.

L’absence, en raison du mode de scrutin et du financement, d’une liste républicaine et citoyenne qui aurait pu être un point de repère, est compréhensible et regrettable. Cela eut été l’alternative au vote d’extrême droite. Nous devons continuer à construire patiemment ce rassemblement des républicains. A ce sujet saluons comme il se doit la progression des listes de « Debout la République » en Ile de France - près de 5% - qui laissent entrevoir la réelle possibilité de construire un vrai pôle politique et militant capable d’éclairer et de mobiliser nos concitoyens et de leur redonner confiance en l’engagement politique. Il faut un discours de rupture, courageux et sans complaisance.