La leçon d’un grand républicain…

Samedi 9 janvier 2010

Je me souviens qu’après que Philippe Seguin eut prononcé son célèbre “Discours pour la France”, Jean-Pierre Chevènement lui manifesta publiquement à l’assemblée nationale ses compliments et son approbation. Les accents prophétiques de ce texte restent aujourd’hui pleins d’actualité. Nous étions en 1992 face au traité de Maastricht, le Mouvement des Citoyens (MDC) allait se créer après les assises de Belfort, fin août. Une perspective républicaine nécessaire à la France s’ouvrait tant à gauche qu’à droite.

Alors c’est avec intérêt que je lis la réaction politique de Jean-Pierre Chevènement quand il dit : “dommage que nos chemins n’aient fait que se croiser” et de témoigner de ce qui était au cœur de son projet républicain : “J’ai cherché à rassembler le plus largement autour du pôle républicain, lors de ma candidature à la présidentielle de 2002″ tout en considérant son échec avec fatalisme : “c’est le lot du bipartisme largement factice”.

Pourtant la partie n’est pas encore jouée. 2002 ne fut pas un échec, c’est le manque de persévérance dans cette voie qui posa problème.

Nombreux sont ceux qui aujourd’hui pensent que ce qui fut au cœur de la campagne de 2002 avec le “Pôle Républicain” reste pertinent. Il est donc regrettable que Jean-Pierre Chevènement emploie le conditionnel passé quand il déclare ” J’aurais aimé que les Républicains des deux rives puissent s’unir pour proposer une perspective à la France face à la dérive libérale et européiste à laquelle nous sommes confrontés.” faisant ainsi paradoxalement le même constat pour aujourd’hui.

Mais il lui faut hélas vivre la contradiction entre des alliances de circonstances plus alimentaires que politiques avec une gauche socialiste (exemple, les régionales) et la volonté de trouver une voie républicaine de rassemblement.

Philippe Seguin malgré son retrait subi, au-delà de sa disparition, et Jean-Pierre Chevènement malgré sa parenthèse de gauche restent les exemples du combat à mener aujourd’hui. C’est le sens que je donne à mon militantisme qui avec quelques amis tente de continuer ce combat nécessaire des “républicains des deux rives”. C’est la raison pour laquelle nous avons participé et soutenu “Debout la République” de Nicolas Dupont Aignan aux européennes et qu’aujourd’hui nous créons l’Alliance des Républicains.

Que le combat continue, il n’est pas dépassé.

Dur d’être l’élu à la culture.

Vendredi 18 décembre 2009

Depuis le temps que je lui. demande quelle est sa politique culturelle, ses objectifs et ses priorités, on devait bien découvrir un jour que sa marge de manœuvre est bien mince et que la confiance ne règne pas.

On apprend au détour d’un propos au conseil municipal que le maire laisse sa place de Président de l’EPCC, la Condition Publique. La logique voudrait que son adjoint à la culture le remplace comme il est courant, normal et utile dans ce genre de circonstance. Eh bien non, ce sera l’élue à la jeunesse. Premier camouflet. Mais peut être que le nouveau projet relève plus du socio culturel à l’intention des centres de loisirs qu’à un projet culturel créatif, initialement projeté ?

Dur également de lui rappeler que le budget primitif de la culture est en diminution de 2 millions d’euros globalement et 175000 € en gestion courante au point qu’il me remercia de ma sollicitude dans le soutien que je lui formulais pour obtenir une “rallonge” au budget “supplémentaire” de mars.

Quant au travaux d’extension du musée annoncés depuis deux ans et à l’atelier Bouchart, nulle trace dans les projets d’investissements en 2010. Il parait que la priorité du Maire serait l’agrandissement de la médiathèque centrale et le conservatoire, mais là non plus pas une ligne ouverte au budget. Quand on sait l’investissement tout à fait louable de l’adjoint vis-à-vis du musée, on peut comprendre son amertume.

Enfin proposer des contractualisations nouvelles avec des structures importantes comme “Danse à Lille”, qui semble se substituer de plus en plus aux missions locales qui relèvent du Centre Chorégraphique National, sans présenter le bilan et l’évaluation des précédents conventionnements, relève de l’approximation politique et  budgétaire.

Dans ce domaine comme ailleurs l’impression d’une navigation à vue pleine de contradictions se confirme et le Maire en a la pleine responsabilité.

J’appelle à une clarification des objectifs culturels de cette ville dans le cadre budgétaire de plus en plus contraint et à faire que la culture au service de tous les roubaisiens reste la priorité. C’est un facteur essentiel d’émancipation sociale et citoyenne.

Que l’ajoint à la culture hausse le ton, il a mon soutien. 

Ne pas en faire trop !

Mercredi 16 décembre 2009

Que la municipalité vende un petit terrain à la société coopérative “Baraka” en vue de développer la construction d’un bâtiment bio climatique abritant essentiellement une activité de restauration fondée sur les produits biologiques et le développement durable, cela est à priori bien sympathique.

Que l’on retrouve dans les fondateurs nombre de militants et responsables verts, il y a une certaine logique.

Mais que la ville, sur proposition d’un adjoint communiste, veuille entrer dans le capital, même modestement, mérite réflexion.

En effet, voilà un précédent dont on ne peut mesurer toutes les conséquences dans le cadre du marché de l’hôtellerie à Roubaix. Par exemple pourquoi, entre autres sollicitations hypothétiques, ne pas entrer dans le capital d’une société mixte gérant le Grand Hôtel, seul trois étoiles sur Roubaix-Tourcoing, actuellement fermé ?

N’y aura-t-il pas de bonnes âmes pour reprocher une aide indirecte au parti “Verts” ?

Enfin comment ne pas s’interroger quand un des responsables déclare que “les viandes seront hallal…” (1) privilégiant sans doute dans une logique, peut être pas uniquement marchande, certains consommateurs, c’est son droit mais que l’argent public participe à un projet qui sélectionne de fait sa clientèle sur des bases ambiguës n’est pas acceptable.

Il faut donc renoncer à cette participation.

(1) Nord Eclair du 6 décembre, p. 12

“Discobolos” à l’Hommelet, une démarche exemplaire

Jeudi 10 décembre 2009

Comme cela avait été fait dans le cadre de l’opération “Nouveaux commanditaires” avec l’artiste Maurizio Nanucci dont l’œuvre est installé dans le hall de la Maison des Associations, les responsables du comité de quartier de l’Hommelet ont initié un projet remarquable, celui d’installer à un endroit stratégique du quartier (square Saint Antoine) une œuvre du sculpteur contemporain Wim Delvoye.

“Discobolos” œuvre réalisée à partir de la fameuse statue  du discobole de Miron sera une signalétique forte dans un espace convivial du quartier et fortement visible des passants.

Art Connexion” association qui sert de metteur en œuvre de ce projet est bien connu pour ces réalisations et ses conseils dans les villes de la région qui se sont inscrites dans ce dispositif signalé ci-dessus. C’est un gage de qualité tant dans la démarche que dans la concertation et la pédagogie vis-à-vis des habitants.

L’art dans la ville, l’art dans nos quartiers n’est pas ce supplément coûteux aux dires de certains habitants, c’est l’apaisement et la réflexion commune où chacun doit se retrouver dans une culture commune. L’aménagement de ce square doit être réfléchi en fonction de la démarche culturelle que représente la création de Wim Delvoye avec et pour nos concitoyens de ce quartier et non l’inverse comme je le crains.

Mon soutien est d’autant plus acquis à Sylvie Thilloy,  à Bruno Lestienne et aux habitants qui les entourent que cela reprend et illustre une partie du programme culturel que j’avais rédigé lors de l’élection municipale pour la liste à laquelle j’appartenais.

“Au sein des quartiers, pour et avec les habitants, des lieux de vie et de création seront installés

L’instauration de commandes publique (œuvres d’art dans la ville…), le renforcement des moyens de diffusion de la création contemporaine, le développement des résidences d’artistes au sein des quartiers, la création de programme d’ateliers-logements pour plasticiens favoriseront le développement des liens et des rencontres entre artistes et habitants”.

Quand nos idées sont mises en œuvre, ne boudons pas notre plaisir mais agissons pour en faire, dans toute la ville une démarche cultrurelle exemplaire et prioritaire.

Je ne suis pas VERTement correct;

Dimanche 29 novembre 2009

Interpellé sur mon abstention lors du vote d’une motion présentée par les Verts au sujet du sommet de Copenhague, en voici les raisons :

D’abord je découvre en séance deux textes de deux pages chacun, déposés sur table. Il est impossible d’en prendre réellement connaissance et d’émettre un vote pertinent. Mais c’est la démocratie à la sauce roubaisienne…cela suffirait amplement à ne participer au vote…

Ensuite, il me semble qu’une information et un débat sont absolument nécessaires sur ces questions. Attentif à une récente interview du grand scientifique qu’est Claude Allègre remettant en cause les théories de ceux qui se prononcent pour la décroissance, le réchauffement climatique alarmiste, et l’immense imposture qui pèsent sur les débats m’ont conduit à une certaine retenue. Je n’ai d’ailleurs pas attendu les verts pour favoriser la biodiversité et à participer auprès de mon épouse à la gestion d’un refuge de la ligue protectrice des oiseaux, ou au compostage des déchets, en bannissant les produits toxiques… Ce ne sont que quelques gestes anciens que l’on retrouve.

Enfin, comment ne pas être outré par le harcèlement “politiquement correct” de nos collègues verts. Il ne se passe pas un conseil municipal sans que nous soyons soumis à une remontrance sur l’oubli ou le rappel du “développement durable”. Et attention à qui ne suis pas la ligne, il risque quelques représailles, verbales jusqu’à présent !

Eh bien non, je ne supporte pas ces discours en forme d’ultimatum. J’en appelle à la raison, au débat scientifique, à l’argumentation fondée et à la mise en perspective de tous les dossiers qui touchent notre société. La vie politique démocratique quoi !