Que des musulmans s’organisent en collectif pour être des interlocuteurs crédibles vis-à-vis des pouvoirs publics est peut être un pas vers ce que nous avions, au MRC, toujours proposé : l’existence d’un conseil local du culte musulman. Encore faudrait-il qu’il soit vraiment représentatif, donc élu, pour être légitimement reconnu par les élus et autorités publiques. Enfin, nous verrons à l’usage…
Pour les initiateurs de ce collectif, l’objectif ne peut se résumer dans l’établissement de projets communs à soumettre à la ville qui dans la plupart des cas ne pourra pas apporter une aide sans contrevenir à la loi de 1905 et aux principes républicains. Il est donc très souhaitable que ce collectif réaffirme clairement son respect des lois républicaines et de la laïcité. Il est important que sur tous les sujets et controverses qui surgissent régulièrement à Roubaix, les musulmans fassent entendre leur voix dans le respect de nos institutions et de notre façon de vivre et partage notre espace commun, celui de la laïcité, valeur qui transcende toutes les obédiences, croyances ou philosophies, et fassent ainsi taire ceux qui ressentent à tord ou à raison un sentiment d’envahissement et de non respect des traditions, coutumes et civilité à la française.
A ce sujet quelque soit la bonne volonté des membres de Roubaix Espérance, « le dialogue des religions » ce n’est pas la laïcité. Il m’a toujours paru curieux que l’affirmation de dogmes particuliers qui sont l’essence même de la foi et de la religion puissent conduire à une démarche commune.
Que la croyance reste à Roubaix comme ailleurs dans l’intimité des cœurs et des esprits ! Je n’ai pas le sentiment qu’à Roubaix les choses soient si claires face à ce qui est perçu souvent comme un Islam conquérant revendiquant un communautarisme qui se voudrait hégémonique dans la pratique quotidienne. Voilà une vraie question à débattre.
Si la présence du maire à cette réunion n’est pas en soi condamnable bien qu’on puisse légitimement s’interroger sur la nécessité d’aller s’assoir au côté de personnes comme Monsieur Amar Lasfar, recteur de la mosquée de Lille Sud, qui sauf pour Martine Aubry, ne porte pas l’exemple d’un Islam républicain. Le maire n’a pas été, une fois de plus, à la hauteur de ce qu’il est sensé représenter, la loi républicaine et l’intérêt général. Il n’arrive pas à devenir cet instituteur des valeurs communes et rappeler que certains principes ne se négocient pas. C’est tout juste si les responsables de cette réunion ne lui pardonnent pas ces propos lors de l’affaire du «Quick hallal » quand il se reconnait lui-même « maladroit »(sic). Ah, la repentance !
Enfin prenons des exemples révélateurs. Si ce collectif a pour premier objectif de lancer une grande fête de l’Aïd soutenu par la mairie, la réponse doit être non sans ambiguïté. De même pour le jeune rituel, si des enfants en centre de loisirs ou à l’école pratiquent le ramadan il est tout à fait normal que les familles les reprennent à l’heure des repas car cela relève de la pratique privée. C’est d’ailleurs la règle que j’avais mis en place, sans aucun problème, dans l’établissement secondaire que je dirigeais.
Les règles définies, mettons nous au travail.