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Archive pour juin 2008

Une occasion ratée

Vendredi 27 juin 2008

L’importance prise au récent conseil municipal par la discussion sur le règlement intérieur est révélatrice de la conception du maire et de sa majorité du débat démocratique dans notre ville. Nous avons déjà pu l’expérimenter depuis ces 10 semaines.

Il confirme sa vision très personnelle de la vie politique et de la démocratie : dérive technocratique, les élus étant relégué à une posture de faire-valoir voire de fusibles, contrôle et pouvoir centralisée dans les seules mains du maire, clientélisme, indifférence voire mépris du rôle collectif des élus, des groupes politiques et des courants d’idées que portent les partis politiques eux même.

Là où le rôle du maire était de faire consensus sur la vie démocratique, il a souhaité un fait majoritaire. Pourtant quand on n’est élu qu’avec 20% des inscrits, quand l’extrême droite n’est plus présente, le rassemblement des bonnes volontés aurait été digne, souhaitable et mobilisateur.

A cet égard la disparition des commissions thématiques au profit d’une commission unique contrôlée par le maire va dans le mauvais sens. Le travail serein, en petit nombre, est source d’enrichissement, de prise de bonnes décisions et de débats argumentés en conseil municipal et dans la population.

La disparition des groupes politiques en tant qu’acteurs de la vie démocratique, la volonté délibérée de faire disparaître le groupe du « Mouvement Républicain et Citoyen » relève de la mesquinerie mais aussi de la peur de ses oppositions de gauche que le maire a créée lui-même en divisant y compris d’ailleurs son propre camp.

Le rôle des élus est de traduire la volonté et la souveraineté populaire, ils doivent être les premiers à être respectés. Cela n’empêche en aucune manière les diverses formes de démocratie de proximité mais il en est un préalable.

Cette attitude conforte ce rejet du politique qui flatte la population et qui n’est en fait que l’adaptation à l’idéologie dominante et à la pensée unique. Il en est ainsi des petits caciques locaux qui faute d’idées, s’emportent et dénoncent les idéologies. Cela s’appelle du populisme.

Vraiment le Maire a manqué, ce jeudi d’être à la hauteur des enjeux de cette ville et d’être le maire de tous les roubaisiens. Une occasion ratée pour six ans !