Voilà belle lurette que je ne partage plus les prises de position de la Ligue des Droits de l’Homme. Son président a profité hier de la présentation en avant première par le CRAV du documentaire » Voile sur la République » pour faire la promotion sa réunion ayant pour thème « les filles voilées parlent » à la Maison des Associations. Cela tombe bien, ils seront accueillis par un agent d’accueil voilé et qui le revendique dans le film ci-dessus nommé.
Je n’irai pas à cette réunion pour plusieurs raisons. La première est que je ne suis pas invité comme intervenant, la deuxième est que je ne souhaite pas cautionner une réunion opportunément prévue pour répondre au documentaire. Nous avons eu droit d’ailleurs à une première approche à l’issue de la projection lorsqu’une des personnes apparemment membre de l’association pour la reconnaissance de la femme musulmane a jugé avec une acrimonie non voilée le vide (sic) de ce documentaire.
Ma présence serait sans aucun doute prise pour une provocation bien utile aux organisateurs d’une réunion qui relève plus du prosélytisme que du débat.
Il parait que la ligue défend « le droit de porter ou de ne pas porter le voile » position qu’elle avait défendu lors de la loi du voile à l’école. Au nom de la tolérance et de la liberté, on met sur le même pied deux attitudes qui, en poussant le raisonnement conduirait à dire « nous sommes pour le droit de porter ou non la burqa » ! On voit là la limite des positions humanistes de la Ligue. Porter un signe ostentatoire peut relever soit d’un choix vestimentaire de mode, soit d’une volonté identitaire et prosélytique, soit d’une aliénation sociale ou religieuse. Ne pas le porter ne gêne personne.
Je le dis avec cordialité, je crains que la Ligue des Droits de l’Homme, notamment celle de Roubaix, ait depuis longtemps abandonné de bonne foi toutes références républicaines au profit du soutien à tous les individualismes et communautarismes divers, du soutien aux illégaux jusqu’au voile à l’école. C’est l’homme avant le citoyen, toute la contradiction est là.
Pour ma part, je ne me vois pas cautionner par ma présence une entreprise de légitimation de ce que nous combattons. Je le dis franchement, à mes camarades de la LDH, c’est de pédagogie républicaine dont nous avons besoin.