Je me souviens qu’après que Philippe Seguin eut prononcé son célèbre « Discours pour la France », Jean-Pierre Chevènement lui manifesta publiquement à l’assemblée nationale ses compliments et son approbation. Les accents prophétiques de ce texte restent aujourd’hui pleins d’actualité. Nous étions en 1992 face au traité de Maastricht, le Mouvement des Citoyens (MDC) allait se créer après les assises de Belfort, fin août. Une perspective républicaine nécessaire à la France s’ouvrait tant à gauche qu’à droite.
Alors c’est avec intérêt que je lis la réaction politique de Jean-Pierre Chevènement quand il dit : « dommage que nos chemins n’aient fait que se croiser » et de témoigner de ce qui était au cœur de son projet républicain : « J’ai cherché à rassembler le plus largement autour du pôle républicain, lors de ma candidature à la présidentielle de 2002″ tout en considérant son échec avec fatalisme : « c’est le lot du bipartisme largement factice ».
Pourtant la partie n’est pas encore jouée. 2002 ne fut pas un échec, c’est le manque de persévérance dans cette voie qui posa problème.
Nombreux sont ceux qui aujourd’hui pensent que ce qui fut au cœur de la campagne de 2002 avec le « Pôle Républicain » reste pertinent. Il est donc regrettable que Jean-Pierre Chevènement emploie le conditionnel passé quand il déclare » J’aurais aimé que les Républicains des deux rives puissent s’unir pour proposer une perspective à la France face à la dérive libérale et européiste à laquelle nous sommes confrontés. » faisant ainsi paradoxalement le même constat pour aujourd’hui.
Mais il lui faut hélas vivre la contradiction entre des alliances de circonstances plus alimentaires que politiques avec une gauche socialiste (exemple, les régionales) et la volonté de trouver une voie républicaine de rassemblement.
Philippe Seguin malgré son retrait subi, au-delà de sa disparition, et Jean-Pierre Chevènement malgré sa parenthèse de gauche restent les exemples du combat à mener aujourd’hui. C’est le sens que je donne à mon militantisme qui avec quelques amis tente de continuer ce combat nécessaire des « républicains des deux rives ». C’est la raison pour laquelle nous avons participé et soutenu « Debout la République » de Nicolas Dupont Aignan aux européennes et qu’aujourd’hui nous créons l’Alliance des Républicains.
Que le combat continue, il n’est pas dépassé.