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Archive pour mars 2010

Régionales, deuxième tour, que faire citoyens ?

Mercredi 17 mars 2010

Ainsi la gauche serait unie pour le deuxième tour. L’espoir de voir le Front de Gauche se maintenir sur la base d’une orientation de rupture s’est vite évanoui face à l’attrait de quelques places supplémentaires. Pourtant je pense que de nombreux républicains appréciant notamment la présence du député Marc Dolez, homme de conviction, militant socialiste et républicain, se seraient, certes par défaut, prononcés en leur faveur pour ce deuxième tour face au système Percheron.

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Les régionales et le microcosme…

Mardi 16 mars 2010

L’abstention est désormais majoritairement un choix politique. On ne va plus à la pêche, on exprime voire on revendique ce choix. Le peuple, les citoyens non seulement ne se sentent pas concernés mais manifestent un rejet de ceux que d’aucun appellent « l’UMPS ». Les régionales deviennent alors un scrutin entre amis. Les partis, en particulier le PS, récompensent et organisent leurs militants à coup d’indemnités, de postes d’assistants ou autres chargés  de mission dans un système alimentaire qui tourne sur lui même. Cette corruption des esprits a bien été perçue par les électeurs, d’où ce rejet.

A Roubaix, on est au paroxysme. Le Maire et ses colistiers roubaisiens (une adjointe est deuxième de liste) subissent un camouflet sans précédent d’autant plus que le PS perd cinq points sur 2004 ! Comment ne pas s’interroger sur le poids d’un Maire qui est incapable de mobiliser ses concitoyens ? L’absence de projet, d’orientations claires, de travail en profondeur en est une des causes. Les roubaisiens n’ont pas ou plus confiance en cette majorité. Pourquoi les enverraient-ils alors à la région ? Il ne reste qu’un vote socialiste traditionnel d’électeurs vieillissants.

Quand à l’UMP, réduit au seul vote refuge des beaux quartiers, il paie également son absence de propositions alternatives. Où est donc le gaullisme populaire ?

Quant au vote Front National, il vient compléter l’abstention. Il faut reconnaître que, masquant ses fondements antirépublicains, il a su apparaître comme porteur d’une véritable critique vis-à-vis de « l’establishment » politique, défenseur de la laïcité, dénonciateur du fonctionnement de la région, porteur d’un discours populaire de revendication et de défense des plus défavorisés. Les tergiversations socialistes sur les grandes questions du vivre ensemble, du peuplement, du communautarisme n’ont fait que renforcer non pas un vote FN de désespoir mais un appel à un discours et une action résolument républicains et égalitaires.

L’absence, en raison du mode de scrutin et du financement, d’une liste républicaine et citoyenne qui aurait pu être un point de repère, est compréhensible et regrettable. Cela eut été l’alternative au vote d’extrême droite. Nous devons continuer à construire patiemment ce rassemblement des républicains. A ce sujet saluons comme il se doit la progression des listes de « Debout la République » en Ile de France – près de 5% – qui laissent entrevoir la réelle possibilité de construire un vrai pôle politique et militant capable d’éclairer et de mobiliser nos concitoyens et de leur redonner confiance en l’engagement politique. Il faut un discours de rupture, courageux et sans complaisance.

Et en plus il s’excuse…

Dimanche 7 mars 2010

Je vous l’avais bien dit. Le maire non seulement recule, mais en plus il s’excuse d’avoir mis en cause le « Quick hallal ». Il a réussi, alors qu’il avait de nombreux soutiens, ce tour de force de se mettre tout le monde à dos.

C’est devant des représentants des mosquées de Roubaix qu’il avait d’ailleurs raison de recevoir que cette phase supplémentaire de sa contrition s’est opérée.

Le fait que les musulmans pratiquants souhaitent, surmontant leur division, s’organiser dans un collectif, mérite d’autant plus notre attention que j’avais proposé, il y a quelques années lors du débat sur la délibération cadre sur les cultes,  la création d’un « conseil consultatif local du culte musulman », un peu à l’image de ce qui s’est fait au niveau national.

Encore faut-il être clair, simple et pratique. Il est en effet insupportable que tout propos concernant les musulmans ait pour réponse pratiquement toujours « une fois de plus, nous sommes stigmatisés » comme si chaque fois que les élus soulèvent un problème réel sur la laïcité de l’espace public, certains musulmans avaient mauvaise conscience et s’en sortaient en faisant le plus souvent un procès d’intention.

Ensuite cela permet dans la foulée de revendiquer toujours plus de droits sans se frotter au débat légitime sur les devoirs républicains qu’impose la vie en France.

Intéressant à plus d’un titre le propos de ce collectif des mosquées qui affirme par exemple que les musulmans représente 55%de la populations roubaisienne; chiffre sans fondement qui n’a pour but que d’exercer une subtile pression intellectuelle pour revendiquer des droits nouveaux au nom de la majorité qu’ils seraient devenus, se situant plus ou moins consciemment en position désormais hégémonique. Un tel procédé clôt de fait tout dialogue.

Or il faut dialoguer mais aussi expliquer les décisions des élus qui s’appuient sur les valeurs républicaines de liberté et de laïcité. Cela suppose un rappel constant aux devoirs du citoyen. Ces valeurs transcendent les particularismes religieux qui sont pour autant à respecter tant qu’ils demeurent dans leur sphère privée et spirituelle. Cela étant aucun sujet n’est à proscrire.

Pour un conseil local représentatif du culte musulman.

Ayant toujours demandé que les musulmans laïques et républicains s’expriment, je souhaite aujourd’hui une instance représentative élue de concertation où ceux-ci pourraient entendre toutes les questions des élus de différents courants politiques afin qu’ils puissent prendre les justes décisions publiques à leur égard mais avant tout dans l’intérêt général.

Je ne me satisfais pas au nom de mes principes républicains de liberté, de citoyenneté républicaine que nos quartiers se communautarisent, que tel ou tel apparaisse discriminé, or aujourd’hui par cette affaire, nous nous trouvons à un tournant avec une question de fond, peut-on vivre ensemble à Roubaix ?

Peut-on aujourd’hui interpeller, critiquer, polémiquer, défendre nos traditions nationales, commerciales et culturelles, sans se faire traiter de raciste ou d’extrémiste xénophobe ?

La liberté et l’émancipation, la laïcité se sont conquises par des luttes ouvrières, sociales et politiques contre toutes les aliénations. Pas de compromis honteux, pas de complaisance, mais une volonté politique fondée sur notre bien commun, la nation républicaine. C’est cette voie-là qui fit triompher la loi de 1905.

Hommage à Ammar Jean-Marc Djarane

Lundi 1 mars 2010

jean-marc-ammar-djarane

Compagnon fidèle, camarade exemplaire, Jean-Marc Djarane, militant républicain, membre du MRC nous a quittés dimanche dernier à l’âge de 69 ans. La dernière fois où nous l’avons vu en janvier dernier, après plusieurs mois d’hospitalisation, c’était aux vœux du maire. Il nous annonçait son retour actif, plein d’espoir dans l’avenir du courant Républicain et Citoyen. En ces temps d’incertitude et de désintérêt, il nous donnait l’optimisme nécessaire à ceux qui sont engagés dans la vie politique et citoyenne. Il faisait de sa discrétion un atout de conviction.

Originaire de Kabylie, Ammar fit des études secondaires jusqu’au baccalauréat ainsi qu’au Conservatoire d’art dramatique où il obtint plusieurs prix.

En 1959, il fait son service militaire comme sous officier. Il reste en Algérie en 1962, et embrasse un carrière de comédien et metteur en scène.

Puis arrivé en France, il deviendra commerçant, et exercera notamment rue de Lannoy à Roubaix.

Proche des milieux harkis, il milite dans plusieurs associations et créera l’Association de Défense des droits de l’homme et d’accession à la citoyenneté pour prendre en charge sans ostentation des dossiers de régularisation administrative.

C’est en 1980, qu’il s’engage en politique au côté de Michel Ghysel au RPR. En désaccord, il se rapprochera un moment du Parti Socialiste pour rejoindre en 2001, le Pôle Républicain de Jean-Pierre Chevènement. Il milite alors à mes côtés et participe activement à toutes les campagnes du MRC, notamment sur le plan local.

Ce que je retiens de lui durant cette période d’intense activité politique, c’est sa présence utile et rassurante à nos côtés. Bon connaisseur des cultures maghrébines ses conseils avisés nous furent à tous précieux. Infatigable militant, il organise la propagande du MRC et participe aux campagnes électorales. législatives, municipales ou européennes auxquelles je me présentais.

C’était aussi un militant laïque dont l’avis comptait.

Lors de la dernière campagne des municipales il avait fait l’unanimité des membres de la liste Rassemblement Citoyen par sa présence infatigable, sa gentillesse, son exigence, et par la persévérance qu’il mettait à défendre les idées de la gauche républicaine au sein de notre rassemblement.

C’était un vrai ami politique, un homme de cœur, un vrai militant au sens le plus exigeant du terme. Je perds, nous perdons un homme de qualité qui par son parcours honore ceux qui travaillent au bien public dans notre ville. Nous perdons un citoyen roubaisienexemplaire.

Ce jeudi 4 mars, son corps sera inhumé en Kabylie à Tizi-Ibel. Merci à lui, nous ne l’oublierons pas.