Les régionales et le microcosme… «

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Les régionales et le microcosme…

Mardi 16 mars 2010

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L’abstention est désormais majoritairement un choix politique. On ne va plus à la pêche, on exprime voire on revendique ce choix. Le peuple, les citoyens non seulement ne se sentent pas concernés mais manifestent un rejet de ceux que d’aucun appellent « l’UMPS ». Les régionales deviennent alors un scrutin entre amis. Les partis, en particulier le PS, récompensent et organisent leurs militants à coup d’indemnités, de postes d’assistants ou autres chargés  de mission dans un système alimentaire qui tourne sur lui même. Cette corruption des esprits a bien été perçue par les électeurs, d’où ce rejet.

A Roubaix, on est au paroxysme. Le Maire et ses colistiers roubaisiens (une adjointe est deuxième de liste) subissent un camouflet sans précédent d’autant plus que le PS perd cinq points sur 2004 ! Comment ne pas s’interroger sur le poids d’un Maire qui est incapable de mobiliser ses concitoyens ? L’absence de projet, d’orientations claires, de travail en profondeur en est une des causes. Les roubaisiens n’ont pas ou plus confiance en cette majorité. Pourquoi les enverraient-ils alors à la région ? Il ne reste qu’un vote socialiste traditionnel d’électeurs vieillissants.

Quand à l’UMP, réduit au seul vote refuge des beaux quartiers, il paie également son absence de propositions alternatives. Où est donc le gaullisme populaire ?

Quant au vote Front National, il vient compléter l’abstention. Il faut reconnaître que, masquant ses fondements antirépublicains, il a su apparaître comme porteur d’une véritable critique vis-à-vis de « l’establishment » politique, défenseur de la laïcité, dénonciateur du fonctionnement de la région, porteur d’un discours populaire de revendication et de défense des plus défavorisés. Les tergiversations socialistes sur les grandes questions du vivre ensemble, du peuplement, du communautarisme n’ont fait que renforcer non pas un vote FN de désespoir mais un appel à un discours et une action résolument républicains et égalitaires.

L’absence, en raison du mode de scrutin et du financement, d’une liste républicaine et citoyenne qui aurait pu être un point de repère, est compréhensible et regrettable. Cela eut été l’alternative au vote d’extrême droite. Nous devons continuer à construire patiemment ce rassemblement des républicains. A ce sujet saluons comme il se doit la progression des listes de « Debout la République » en Ile de France – près de 5% – qui laissent entrevoir la réelle possibilité de construire un vrai pôle politique et militant capable d’éclairer et de mobiliser nos concitoyens et de leur redonner confiance en l’engagement politique. Il faut un discours de rupture, courageux et sans complaisance.

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