A propos de l’Islam en France et de l’apéro du 18 juin «

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A propos de l’Islam en France et de l’apéro du 18 juin

Mercredi 16 juin 2010

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Je fais mien le texte de François Morvan (voiur ci-dessous),  Président de « Vive la République » et ami politique républicain de longue date, au sujet de l’apéro « saucisson, pinard » à la goutte d’Or à Paris. Cependant il ne fait pas allusion à l’attitude scandaleuse du Maire d’Arrondissement qui n’est autre que Daniel Vaillant (PS) qui déclare ne pas demander l’interdiction des prières dans la rue Myrtha tous les vendredis ! La complaisance est plus que coupable, elle fait le jeu de tous les extrémismes et de tous les anti républicains. C’est en ce sens que nos amis de « Riposte Laïque » jouent un rôle essentiel pour que démocrates et Républicains ne laissent pas à la seule extrème droite l’image des seuls défenseurs de la laïcité.

Le débat sur la place de l’Islam en France prend de l’ampleur. « Riposte Laïque » propose de fêter l’appel du 18 juin à la Goutte d’Or, en contre-point de l’occupation de la rue par les prières musulmanes du Vendredi. Est-ce bien adapté ?

La logique de la « guerre contre l’Islam » comme corps intrinsèquement étranger est un piège du néolibéralisme » financier.

Celui-ci a sur ce plan deux fers aux feux : Mais lorsque la recette commence à sérieusement s’essouffler, le deuxième fer c’est la guerre des civilisations du monde judéo-chrétien contre l’Islam : une bonne guerre contre un ennemi que l’on crée si besoin, il n’ y a rien de tel pour faire passer toutes les autres pilules, l’histoire l’a amplement montré et c’était la ligne Bush.

C’est pourquoi des mouvements comme le Front National ou comme les « populistes  » hollandais sont des Janus : d’un côté, ils expriment l’écœurement des couches populaires abandonnées par les élites, en particulier en ce qu’elles subissent au premier rang les conséquences sociales de l’immigration clandestine utile au dumping social, mais de l’autre côté elles peuvent demain servir de roue de secours au système en mobilisant l’énergie de protestation contre la conséquence (l’immigration clandestine) pour mieux la détourner de l’essentiel : le système mondialiste financier lui-même. C’est pourquoi le Front National est si peu disert sur la crise économique et le problème de l’Euro. Pour une partie d’entre eux au moins, un régime nationalement musclé s’accommoderait bien avec le maintien d’une économie de dérégulation totale. C’était bien aussi l’ambiguïté de Philippe De Villiers.

Le problème cardinal de l’Islam, c’est celui de la laïcité. Celle-ci y est réduite au mieux à la tolérance, et non à l’acceptation d’un espace public non religieux, tandis que l’État garantit en contre-partie la liberté religieuse. C’est ce qui fait qu’il n’y a pas de solution de continuité entre les « modérés » et les « islamistes », ce qui ne fait pas nécessairement des modérés des complices des seconds, mais les situe en position de faiblesse. Car dans une religion qui n’intègre pas la laïcité, mais fait peu ou prou de la religion un mode de vie et une norme d’organisation sociale, vous trouverez toujours plus radical que vous. Ce problème idéologique se double de la réalité sociale des pays du monde arabo-musulman, où la corruption des élites oblige en retour pour maintenir la paix sociale à abandonner les « services sociaux » aux fondamentalistes. C’est la corruption du Fatah qui explique que Gaza ait été abandonné aux mains du Hamas, où le Sud-Liban au Hezbollah. Les nazis ont détruit la République de Weimar aussi bien par les soupes populaires que par la violence politique.

Aujourd’hui en France, les citoyens qui se reconnaissent une appartenance religieuse ou plus simplement culturelle avec l’Islam ont-ils vocation à repartir ? Si la réponse est oui, alors il faut changer de régime et mettre le Front National au pouvoir. Si la réponse est non, il faut alors une politique de fermeté laïque intransigeante, mais qui se couple avec la garantie de l’État que l’Islam est une religion qui peut-être pratiquée comme sphère privée au même titre que les autres. Et il ne faut pas ici à mon sens opposer « intégration » et « assimilation ». La première est un pas vers la seconde. L’intégration est politique, c’est l’intégration à la République. Elle se mène par le combat sur la laïcité. L’assimilation est un processus culturel national, qui demande du temps et des étapes. Le vouloir par des mesures à court terme renvoie à la nécessité d’un régime de guerre des civilisations.

Notre ligne est donc de séparer dans l’Islam le bon grain de l’ivraie. Comme sur les autres questions, c’est une ligne de rassemblement au centre et non une ligne de surenchère à droite de la droite. L’apéro du 18 juin laisse sur la réserve, parce que mélanger l’anniversaire de cette date avec le problème de l’Islam en France parait tout de même un raccourci saisissant qui témoigne du fait que le problème de l’Islam en France n’est pas aussi bien maîtrisé qu’il n’y paraît par nos amis de Riposte Laïque-Républicaine.

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