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Quand les sirènes se taisent…

Lundi 16 janvier 2012

Avez-vous remarqué que maints de nos établissements secondaires publics avaient reçu des noms de poète, de romancier ou de philosophe. De Charles Baudelaire à Jean Jacques Rousseau en passant par Albert Samain, Madame de Sévigné ou encore notre Maxence Van der Meersch. C’est indirectement ce dernier qui nous préoccupe.

Certes de nos jours, on rebaptise, hélas, au profit de quelque appellation plus contemporaine le nom de nos établissements lorsque ceux-ci sont reconstruits ou rénovés. Ainsi disparu il y a quelque temps Jean Jacques Rousseau, triste destinée de nos références culturelles dans une ville qui en a bien besoin. Enfin est-il encore heureux que nous échappions à quelque dénomination de complaisance d’actualité musicale ou sportive voire politique qui flatte certain.

Van der Meersch va disparaître, le Lycée bien sûr, manière encore plus radicale de ne plus honorer notre littérature.

Penchons nous sur le fond de l’affaire. Quoiqu’en dise le rectorat, c’est bien le transfert et la fusion de deux lycée dont il s’agit. La position officielle n’est pas dénouée de fondement pédagogique même si elle relève essentiellement d’un souci de rentabilité. Mais après tout ne pourrait-il y avoir de rentabilité pédagogique si elle vise l’intérêt de la réussite scolaire ? En effet un lycée de 200 élèves ne peut plus offrir diversité des cursus, choix d’orientation, nombre de professeurs à temps plein et donc en conséquence détourner nombre de familles à s’y inscrire.

Mais en l’occurrence c’est prendre les effets pour la cause car tout cela est la conséquence d’absence de choix d’investissement social et culturel depuis de nombreuses années et d’une analyse lucide.

Pourquoi l’enseignement secondaire privé accueille plus d’élèves que le public au terme d’un long glissement créant un déséquilibre qualitatif évident ?

Pourquoi ne s’est-on pas opposé à une hiérarchisation des établissements publics en privilégiant sur certains sites l’accueil des meilleurs, ceci avec une complicité de fait, y compris au sein de l’Education Nationale et des responsables politiques.

Pourquoi aucune décision ou si peu n’a été prise pour développer un accueil plus divers socialement ainsi que des filières plus attrayantes (pensons à la suppression de la classe sport-étude) !

Les difficultés sociales de la ville ont une influence directe sur le recrutement, elles sont d’ailleurs amplifiées au sein des établissements du seul fait d’un écrémage social tacitement organisé. Pour exemple un collège des quartiers nord accueille 50% d’élèves de parents sans emploi alors que la moyenne  du secteur est de 30% !

Il n’est pas étonnant alors de trouver force stratégie de contournement de la carte scolaire officielle ou officieuse pour rejoindre le grand lycée privé au lieu du lycée apparemment défavorisé tant par sa situation que par son recrutement !

Cette stratégie d’évitement est passée ces dernières années du collège au lycée. Elle est l’affaire de parents de toutes origines soucieux de distinction sociale au travers de la réussite scolaire de leurs enfants et d’intégration « bourgeoise » (la « beurgeoisie »). Elle pénalise les établissements dit de périphérie qui plus ils reçoivent de moyens plus on les stigmatise dans une dérive aussi injuste que pénalisante pour nos enfants.

Combien apparaît dérisoire la valse des politiques dans leur soutien à la lutte des professeurs, parents et élèves d’autant plus que pour beaucoup d’entre eux ils n’ont pas brillé par leur engagement laïque vis-à-vis de l’école publique. Combien de conseillers municipaux qui, pour certains s’affichent très à gauche, ont fait le choix de l’enseignement privé pour leur progéniture !

La solution n’est pas simple car elle ne relève pas seulement du système scolaire. Elle passe par un examen global, sans complaisance de la situation sociale, culturelle et éducative des familles et des jeunes dans la ville.

Il y a place pour deux grands lycées publics d’enseignement général à Roubaix permettant d’offrir toutes les options y compris celles des humanités classiques, des classes préparatoires, des filières valorisantes. L’heure doit être à la restructuration et à la reconquête. Elle passe par une nouvelle politique sociale, urbaine et culturelle tournant le dos à l’enclavement communautaire de nos quartiers et de la ville dans la métropole nord. Il est urgent de tout mettre sur la table et de décider avant la fin de l’année, il y a toujours une autre politique possible.

Que les sirènes de Van der Meersch redeviennent les trompettes de la renommée.

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Un commentaire sur “Quand les sirènes se taisent…”

  1. JC. Dubois dit :

    Vandermeersch avait eu le prix GONCOURT en 1936.
    a fait ses études secondaires au Lycée Gambetta de tourcoing,et devint avocat.etc
    à Lille on a supprimé Jean Macé,Mme de Staêl,Albert Camus, etc
    même chose un peu partout
    Sur la côte,on supprimé « De SWAËN ».
    A AULNOYE AYMERIES,on a supprimé le Collège Suzanne LANNOY,anienne résistante ,torturée à mort par les Allemands,alors qu’elle était enceinte,

    etc etc

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