Décidemment, quand il s’agit de laïcité, le sénateur et maire ne manque jamais de se distinguer. Pour une fois que le parti socialiste tente de légiférer au sénat sur le principe de laïcité appliqué au domaine de la petite enfance (1), il s’oppose au texte qui ne brillait d’ailleurs pas par une extraordinaire audace.
Imposer la neutralité religieuse aux crèches publiques, à toutes celles qui joue un rôle de service public à la personne, y compris les assistantes maternelles privées me semble bien être dans la logique républicaine respectueuse de la liberté de chacun.
A défaut on cherchera d’abord les personnes ou les associations qui correspondent aux valeurs de chacun. Je vois mal de jeunes couples interroger l’éventuelle « nounou » sur son appartenance religieuse ou alors on s’oriente vers la mise en place de structures communautaristes.
Ce texte de loi allait pourtant dans le bon sens.
Mais voilà, notre maire dans la continuité de sa ligne de conduite ambigüe sur les questions de laïcité, ne voulant pas choquer une partie de sa population, pour l’essentiel celle qui est musulmane, tombe dans le pur juridisme et dans la complaisance religieuse drapée dans la défense de la sphère privée. Rappelons que toutes les activités d’accueil de la petite enfance font d’une façon ou d’une autre appel à des fonds publics directement ou indirectement par le crédit d’impôts.
Dès qu’il y a financement public il doit y avoir le strict respect d’indépendance.
Mais le maire de Roubaix est dans sa logique. Rappelons-nous sa lamentable volte-face dans l’affaire du « quick hallal », sa présence « en chaire » au rassemblement des musulmans lors de l’Aïd au parc des sports gracieusement prêté, la désignation comme grand électeur aux sénatoriales d’un ancien responsable de mosquée prônant l’application de la charia (cf. émission de télévision de John Paul Lepers), prêt de salle gratuitement pour l’accueil de prédicateurs islamiques, aide technique systématique à la construction de nouvelles mosquées, droit de préemption sur les anciens locaux de la mosquée place Faidherbe qui ne trouvaient pas preneur pour aider au financement plus rapide du nouveau lieu de culte, subvention pour un déplacement au rassemblement de musulmans au Bourget…etc.
Cette politique qui ne s’appuie pas sur une volonté sans faille de promouvoir la culture républicaine et qui au contraire promeut jusqu’à la limite juridique acceptable un multiculturalisme dévoyé est contraire à l’intérêt général.
La réalité roubaisienne est multiple quant aux origines mais ce n’est pas rendre service à nos concitoyens que de ne pas être ferme et exemplaire sur la seule référence commune face aux communautarismes et à la xénophobie, le vivre ensemble par la référence à la laïcité républicaine. Le maire par son manque de neutralité, d’indépendance s’est fourvoyé. Il n’a pas su se hisser à la hauteur morale nécessaire Il est dommageable qu’il persiste face à ses amis socialistes au moment même où François Hollande veut inscrire la loi de 1905 dans la constitution !
(1) Nord Eclair du 22 janvier 2012
