Que plusieurs centaines de tourquennois manifestent dans la rue contre la hausse des impôts locaux, notamment la taxe d’habitation, voilà qui n’est pas courant et traduit l’exaspération et l’incompréhension de nos concitoyens.
La hausse très sensible et variable selon les situations de la taxe d’habitation (+11% par exemple pour un couple de retraités dans un appartement ancien) a pour origine, au-delà de la hausse habituelle des bases (2,1%) décidée par l’état, la suppression par le conseil municipal de l’abattement général à la base (part de la hausse la plus importante) et le passage de la fiscalité départementale à celle de la communauté urbaine, nouveauté qui se traduit par une hausse de 22%.
Sur ces deux derniers points la responsabilité des élus locaux est entière.
Dans cette période difficile, alors que presque la moitié des tourquennois n’est pas imposable, la suppression de l’abattement général touche un large éventail social de contribuables et en fait peser sur les couches moyennes tout le poids. Si c’était pour « faire payer les riches » cela est raté !
On se demande aussi quelle justification conjoncturelle motive cette décision ! Les explications entendues ne sont guère convaincantes. Est-ce que le service public rendu à l’intérêt général nécessitait une telle hausse ? C’est une question de choix politique contestable.
Quand on promet de ne pas augmenter les impôts, cela engage pour tout le mandat sauf situation très spéciale à démontrer. Comment en outre se fait-il que les élus n’aient pas anticipé l’importance de la fiscalité communautaire (qu’ils ont votée) et en n’aient alors tiré des conclusions sur leur orientation budgétaire et donc sur la feuille d’impôts des tourquennois ?
Ne faut-il pas encore s’interroger que, compte tenu du transfert de compétence à Lille Métropole, par un effet logique cela devrait correspondre à de moindres dépenses dans les communes ?
Enfin cette politique qui conduit à faire peser lourdement sur une partie de la population des hausses difficilement compréhensibles conduit à une interrogation majeure, celle de la politique de peuplement et de mixité sociale et culturelle. La ville a la chance de bénéficier encore de catégories sociales diverses ; va-t-elle par une politique fiscale partisane, même si cela partait d’un bon sentiment de justice sociale, éloigner les couches moyennes contributives de la cité et créer un déséquilibre néfaste à tous et à la prospérité urbaine. Des exemples voisins devraient faire réfléchir.
Le calendrier fait qu’au moment où les citoyens reçoivent leur feuille d’impôts 2011, la préparation des budgets 2012 est en cours. On est en droit d’espérer une rectification fiscale qui conduirait à aucune augmentation d’impôts, donc à une baisse des taux correspondants, cela serait un signe important pour l’attractivité, la confiance et le développement de l’initiative à Tourcoing.
Quant à Roubaix, l’analyse politique est à peu près la même. Si la hausse est moins importante, elle est néanmoins sensible et touche tous les contributeurs qui, on le sait représente 30% des foyers. En effet la majorité municipale avait augmenté le taux de 1% conduisant à une hausse de la part communale de 3 à 4%.et comme là aussi elle n’avait pas anticipé la nouvelle fiscalité communautaire nettement plus lourde que celle du département à laquelle elle se substitue, l’addition est lourde.
Il est bon de rappeler que j’avais proposé, par un amendement, au nom du groupe d’opposition une réduction des taux de la part communale de l’ordre de 3% qui aurait en partie réduit « la facture » ceci sans toucher à l’essentiel, en remettant en cause cette année certains investissements non urgents comme entre autres le ravalement de la façade de la mairie. Ce signe aurait été important pour les mêmes raisons sociales que j’évoquais pour Tourcoing.
Le débat budgétaire approche, chacun, de nouveau prendra ses responsabilités tant dans sa commune qu’à Lille Métropole..

Ils étaient prêts à en découdre, ils en furent pour leur frais !
La question est à l’ordre du jour. Longtemps j’ai pensé que dans le cadre d’une politique culturelle de haut niveau en développement, le transfert de charges aidant, cette idée permettrait à la ville d’autres investissements.