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Archive pour le mot-clef ‘Culture’

Non au transfert du musée à Lille Métropole.

Mercredi 13 avril 2011

musee-la-piscineLa question est à l’ordre du jour. Longtemps j’ai pensé que dans le cadre d’une politique culturelle de haut niveau en développement, le transfert de charges aidant, cette idée permettrait à la ville d’autres investissements.

Aujourd’hui au regard de l’histoire, du patrimoine roubaisien, de la vie culturelle locale, j’estime que la pertinence de ce transfert ne s’impose plus. Le musée d’art et d’industrie est intimement lié à l’histoire de cette ville : industrie textile, musée industriel au XIXème siècle, Ecole des Beaux Arts d’avant guerre, groupe de Roubaix, ENSAIT et lycée textile pour ne citer que ces points de repère.

Il se trouve qu’aujourd’hui de par son rayonnement il est porteur du nom de notre commune à l’image de ce Roubaix connu dans le monde entier, de Melbourne au Cap en passant par Buenos-Aires, ville textile « mondialisée » pour son savoir faire. La condition publique en témoigne encore aujourd’hui.

Le succès national et international du musée, son patrimoine unique de collections textiles si utile aux chercheurs, aux plasticiens et autres designers, son action locale de démocratisation de l’accès à la création artistique en font un outil qui me semble devoir rester aux roubaisiens et à leur élus ainsi qu’aux professionnels qu’ils ont choisis.

En l’occurrence, ni patriotisme local, ni étroitesse d’esprit mais un souci de conserver cette image rénovée et audacieuse fondée sur notre l’histoire industrielle et ouvrière, source d’accès à la culture dans ce qu’appelait Antoine Vitez «l’élitisme pour tous ».

En ce sens la diversité de notre population, l’impérieuse nécessité d’une politique de proximité tournée vers le plus grand nombre, le rassemblement des sensibilités nous imposent le choix de conserver notre compétence.

Quant à l’argument du financement, compte tenu des règles de transfert, les conséquences positives n’apparaîtront que dans de nombreuses années dans l’hypothèse d’un nouveau développement de l’institution. Les coûts de fonctionnement sont une préoccupation bien légitime et rien n’empêche aujourd’hui comme dans l’avenir, compte tenu des compétences de la communauté que celle-ci intervienne en soutien. Le bilan artistique et scientifique actuel en témoigne.

La « galerie débridée », consacrée à l’art brut

Mardi 29 mars 2011

Tous les week-ends n’étant pas électoraux et ce bloc note étant autant culturel que politique, je ne participerai donc pas à la désaffection des urnes en invitant à se rendre, cette fin de semaine, au château de Bernicourt à Roost Warendin pour y découvrir la galerie débridée, galerie d’art que vient d’ouvrir mon ami André Dubuc.

André Dubuc initiateur te directeur de la galerie, est aussi directeur général du Centre historique Minier
André Dubuc

André Dubuc, grand amateur d’art, qui fut à une période d’essor culturel de la ville de Tourcoing, mon complice, entre autres, dans la création d’un Automne Culturel à Tourcoing festival qui eut son heure de gloire national et international avant de disparaître en 1983 lorsque la ville fut reprise par la droite, vient d’avoir la riche idée d’ouvrir une galerie d’art consacré à l’art brut dans un lieu magnifique et très adapté dans une importante dépendance du château. Les collectionneurs, les amateurs d’art, les curieux ne peuvent que se féliciter de cette initiative originale car elle est unique dans la région et complète utilement ce que le Musée de Villeneuve d’Ascq offre en matière d’art brut.

La manifestation actuelle est consacrée à Jacques Trovic. En 1964, à l’âge de 16 ans, il expose sa première tapisserie et depuis a réalisé plus 300 œuvres dans sa maison d’Anzin. Il se trouve peu à peu reconnu comme un des grands artistes naïfs de la création textile. Il est désormais présent dans les plus grands musées (Musée d’art brut de Lausanne, Musée d’Art Naïf de Nice ainsi que celui de Laval ou encore au Centre historique minier de Lewarde). L’ayant rencontré récemment sa gentillesse, son esprit curieux, son inlassable création en font un personnage attachant dont les œuvres reflètent bonheur et jubilation. 

trovic-invitation
Le vannier, 2005 (détail)

André Dubuc nous annonce d’autres expositions dès l’automne prochain. Samedi et dimanche prochains les derniers jours d’ouverture doivent être un but de découverte artistique, de rencontre avec Jacques Trovic qui travaille sur le lieu mais aussi de promenade dans un endroit attachant.

Pour s’y rendre : autoroute A21, sortie n°22, direction Roost-Warendin (samedi : 15h – 18h ; dimanche : 10h30 – 12h30 et 15h – 18h) 

Dur d’être l’élu à la culture.

Vendredi 18 décembre 2009

Depuis le temps que je lui. demande quelle est sa politique culturelle, ses objectifs et ses priorités, on devait bien découvrir un jour que sa marge de manœuvre est bien mince et que la confiance ne règne pas.

On apprend au détour d’un propos au conseil municipal que le maire laisse sa place de Président de l’EPCC, la Condition Publique. La logique voudrait que son adjoint à la culture le remplace comme il est courant, normal et utile dans ce genre de circonstance. Eh bien non, ce sera l’élue à la jeunesse. Premier camouflet. Mais peut être que le nouveau projet relève plus du socio culturel à l’intention des centres de loisirs qu’à un projet culturel créatif, initialement projeté ?

Dur également de lui rappeler que le budget primitif de la culture est en diminution de 2 millions d’euros globalement et 175000 € en gestion courante au point qu’il me remercia de ma sollicitude dans le soutien que je lui formulais pour obtenir une « rallonge » au budget « supplémentaire » de mars.

Quant au travaux d’extension du musée annoncés depuis deux ans et à l’atelier Bouchart, nulle trace dans les projets d’investissements en 2010. Il parait que la priorité du Maire serait l’agrandissement de la médiathèque centrale et le conservatoire, mais là non plus pas une ligne ouverte au budget. Quand on sait l’investissement tout à fait louable de l’adjoint vis-à-vis du musée, on peut comprendre son amertume.

Enfin proposer des contractualisations nouvelles avec des structures importantes comme « Danse à Lille », qui semble se substituer de plus en plus aux missions locales qui relèvent du Centre Chorégraphique National, sans présenter le bilan et l’évaluation des précédents conventionnements, relève de l’approximation politique et  budgétaire.

Dans ce domaine comme ailleurs l’impression d’une navigation à vue pleine de contradictions se confirme et le Maire en a la pleine responsabilité.

J’appelle à une clarification des objectifs culturels de cette ville dans le cadre budgétaire de plus en plus contraint et à faire que la culture au service de tous les roubaisiens reste la priorité. C’est un facteur essentiel d’émancipation sociale et citoyenne.

Que l’ajoint à la culture hausse le ton, il a mon soutien. 

Quand j’entends parler Culture…

Samedi 11 octobre 2008

 

Avec dix sept délibérations culturelles, il m’avait semblé que le dernier conseil municipal(1) n’échapperait pas, en ce début de mandat, à un débat de fond sur le rôle et l’avenir d’une politique culturelle. Hélas, mon intervention en ce sens et mes propositions ont vite tourné court. Le maire, et il l’a déclaré clairement, n’a véritablement pas le désir de débattre ni sur le fond (en a-t-il la capacité ?) ni sur la forme des propositions de développement culturel pour les prochaines années.

Le défaut de réflexion, le refus méthodologique, l’absence de débat à vocation pédagogique vis à vis des élus comme des citoyens auront pour conséquence de mettre dans l’incertitude les différents responsables culturels de cette ville.

 

La controverse, les interrogations au sujet de la politique muséale en est le premier exemple d’actualité (voir mon article sur l’affaire Bouchard). Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le rapport d’audit de la chambre régionale des comptes consacre un long chapitre au musée La Piscine.

Sur ce sujet, parler des coûts de fonctionnement, d’investissement, de l’encadrement artistique et scientifique, de la mise en valeur du fonds textile, du statut futur de l’établissement, de l’atelier Bouchard, n’aura de sens que si nous débattons des choix artistiques. Ceux-ci sont de la responsabilité des conservateurs et des professionnels qui dans une relation de confiance doivent pouvoir s’appuyer, sur l’élaboration de perspectives claires de la part des élus.

 

Nous sommes loin du compte. Par une politique du coup par coup (coût par coût !), de la bonne occasion, du fait du Prince (Danse à Lille), on « instrumentalise » la culture comme l’a malheureusement revendiqué l’adjoint lors de sa présentation.

Réfléchir ensemble au rôle social et économique de la culture en mettant au cœur du développement culturel, par une action résolue au service de tous les roubaisiens, le plus « haut niveau » n’est-t-il pas un préalable à la clarification décisionnelle et à la mise en cohérence des structures et associations culturelles ?

 

Peut on encore espérer dans ce microcosme politique local, insipide et sans conviction, un débat alliant réflexion et pragmatisme, avec les responsables et les citoyens, sous des formes faciles à trouver, pour donner du sens, des outils pour nos choix et décisions notamment budgétaires ?

 

A suivre



(1) Jeudi 9 octobre