Je vous l’avais bien dit. Le maire non seulement recule, mais en plus il s’excuse d’avoir mis en cause le « Quick hallal ». Il a réussi, alors qu’il avait de nombreux soutiens, ce tour de force de se mettre tout le monde à dos.
C’est devant des représentants des mosquées de Roubaix qu’il avait d’ailleurs raison de recevoir que cette phase supplémentaire de sa contrition s’est opérée.
Le fait que les musulmans pratiquants souhaitent, surmontant leur division, s’organiser dans un collectif, mérite d’autant plus notre attention que j’avais proposé, il y a quelques années lors du débat sur la délibération cadre sur les cultes, la création d’un « conseil consultatif local du culte musulman », un peu à l’image de ce qui s’est fait au niveau national.
Encore faut-il être clair, simple et pratique. Il est en effet insupportable que tout propos concernant les musulmans ait pour réponse pratiquement toujours « une fois de plus, nous sommes stigmatisés » comme si chaque fois que les élus soulèvent un problème réel sur la laïcité de l’espace public, certains musulmans avaient mauvaise conscience et s’en sortaient en faisant le plus souvent un procès d’intention.
Ensuite cela permet dans la foulée de revendiquer toujours plus de droits sans se frotter au débat légitime sur les devoirs républicains qu’impose la vie en France.
Intéressant à plus d’un titre le propos de ce collectif des mosquées qui affirme par exemple que les musulmans représente 55%de la populations roubaisienne; chiffre sans fondement qui n’a pour but que d’exercer une subtile pression intellectuelle pour revendiquer des droits nouveaux au nom de la majorité qu’ils seraient devenus, se situant plus ou moins consciemment en position désormais hégémonique. Un tel procédé clôt de fait tout dialogue.
Or il faut dialoguer mais aussi expliquer les décisions des élus qui s’appuient sur les valeurs républicaines de liberté et de laïcité. Cela suppose un rappel constant aux devoirs du citoyen. Ces valeurs transcendent les particularismes religieux qui sont pour autant à respecter tant qu’ils demeurent dans leur sphère privée et spirituelle. Cela étant aucun sujet n’est à proscrire.
Pour un conseil local représentatif du culte musulman.
Ayant toujours demandé que les musulmans laïques et républicains s’expriment, je souhaite aujourd’hui une instance représentative élue de concertation où ceux-ci pourraient entendre toutes les questions des élus de différents courants politiques afin qu’ils puissent prendre les justes décisions publiques à leur égard mais avant tout dans l’intérêt général.
Je ne me satisfais pas au nom de mes principes républicains de liberté, de citoyenneté républicaine que nos quartiers se communautarisent, que tel ou tel apparaisse discriminé, or aujourd’hui par cette affaire, nous nous trouvons à un tournant avec une question de fond, peut-on vivre ensemble à Roubaix ?
Peut-on aujourd’hui interpeller, critiquer, polémiquer, défendre nos traditions nationales, commerciales et culturelles, sans se faire traiter de raciste ou d’extrémiste xénophobe ?
La liberté et l’émancipation, la laïcité se sont conquises par des luttes ouvrières, sociales et politiques contre toutes les aliénations. Pas de compromis honteux, pas de complaisance, mais une volonté politique fondée sur notre bien commun, la nation républicaine. C’est cette voie-là qui fit triompher la loi de 1905.