Les élections cantonales seront très politiques. C’est le pronostic que j’avais formulé, il y a quelques semaines. Elles le furent. Il eut fallu, donc, aborder à cette occasion les véritables problèmes de fond posés par nos concitoyens et qu’ils vivent au quotidien : désespérance économique et sociale, le vivre ensemble et la laïcité et toutes les questions que cela suppose d’aborder, sans tabou aucun, montée du communautarisme, intégration et assimilation, mondialisation et identité de la France et de la Nation républicaine. Mais l’impuissance de la majorité municipale comme le système UMPS ont par leur ambiguïté et leur manque de courage fait le lit au Front National et à l’abstention.
Le canton de Roubaix Centre est à ce titre révélateur. L’électorat représente toutes les couches et catégories sociales dans leur diversité ce qui permet de tirer des leçons politiques pertinentes. Chacun sera devant ses responsabilités.
Ainsi au premier tour, les véritables réponses aux interrogations politiques furent en grande partie apportées par le Front National. Le résultat ne s’est donc pas fait attendre. Il est d’ailleurs frappant que la notoriété de tel ou tel candidat, notamment les sortants socialistes, n’a joué aucun rôle. Ce sont sur les idées que les roubaisiens ont voté : résultat, UMP et PS effondré, FN, revalorisé républicain, promu. Quant à l’abstention ou le vote blanc que je préconisais, souvent volontaire, ils relèvent d’une position politique renvoyant « l’établissement » dos à dos.
L’Alliance des Républicains que je préside n’a en définitive pas eu de candidat. Le courant républicain et national a fait l’objet d’un « hold-up idéologique » de la part de Mme Le Pen. C’est notre part de responsabilité mais la faute en incombe surtout au néant du discours du PS et de l’UMP et non à la Gauche Républicaine. Comme ils n’ont pas de réponse sur le fond, c’est une nouvelle fois l’appel pathétique et sans contenu au front républicain, à la diabolisation du FN ou à des contorsions opportunistes de l’UMP entre les différents candidats socialistes.
Tout cela sonne faux. Abstenons-nous ou votons blanc.
Appelons à rejoindre le combat républicain pour faire surgir d’ici 2012, dans l’espace allant de Villepin à Mélenchon en passant par Dupont Aignant, un candidat qui offre à notre pays une perspective crédible de refondation républicaine et nationale